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Dieselgate: procès en vue pour trois dirigeants de Volkswagen, première amende pour Daimler

L'actuel PDG du constructeur automobile allemand Herbert Diess (g) et son président du Conseil de surveillance Hans Dieter Pötsch. AFP / John MACDOUGALL

Les ennuis judiciaires pour Volkswagen dans le vaste scandale de moteurs diesel truqués se sont encore aggravés mardi en Allemagne, avec un procès qui se profile pour "manipulation de cours boursier" contre deux dirigeants actuels du constructeur et son ancien PDG.

Le parquet de Brunswick, chargé du dossier, a demandé mardi le renvoi devant la justice de l'actuel PDG du constructeur automobile allemand, Herbert Diess, de son président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch, ainsi que de l'ancien président du directoire du groupe, Martin Winterkorn.

Tous trois sont mis en accusation pour avoir "sciemment" informé "trop tard" les marchés financiers des conséquences financières du scandale se comptant "en milliards", et ainsi "influencé le cours boursier" de VW, a indiqué le parquet dans un communiqué.

La première communication sur ce qui allait devenir le "dieselgate" et déstabiliser tout le secteur automobile allemand, a eu lieu en septembre 2015.

Le PDG d'alors, Martin Winterkorn, avait reconnu la manipulation de véhicules diesel aux Etats-Unis et dans le monde dans le but d'afficher des niveaux d'émission polluante inférieurs à la réalité et aux normes admises.


Soupçons
Problème: pour le parquet, ces trois dirigeants ont pris connaissance de la fraude plusieurs semaines voire mois avant et ont tardé à réagir. Ils auraient pu adresser plus tôt une communication en due forme au marché.

Selon l'acte d'accusation de 636 pages, M. Winterkorn était au courant "au plus tard depuis mai 2015", M. Pötsch, son directeur financier "depuis le 29 juin 2015" et M. Diess en charge de la marque Volkswagen "depuis le 27 juillet 2015" de la dite manipulation et de ses conséquences possibles.

Parti des Etats-Unis où la fraude a été découverte, le scandale a pris immédiatement une ampleur mondiale. Volkswagen a dû à l'époque révéler avoir équipé en tout 11 millions de ses voitures diesel d'un logiciel truqueur.

Ces révélations ont entraîné une forte baisse du cours de l'action Volkswagen avec des pertes énormes pour des milliers de petits et gros actionnaires de Volkswagen, qui ont parallèlement engagé une procédure judiciaire collective.


"Surprise"
Les avocats de la défense de M. Winterkorn se sont dit "surpris" mardi par la décision du procureur de Brunswick de demander le renvoi de leur client devant la justice, évoquant un acte "incompréhensible".

Quant à M. Diess, toujours aux manettes du groupe de Wolfsbourg, il a affirmé en septembre lors d'une interview à l'AFP en marge du salon de l'automobile de Francfort qu'il était "hors de question" pour lui de démissionner s'il était renvoyé devant la justice.

Selon toute probabilité, le tribunal de Brunswick va désormais valider le procès, lequel ne sera pas le seul dans le cadre du "dieselgate".

Martin Winterkorn se prépare ainsi déjà depuis avril à un autre procès et cette fois sur le coeur du dossier. Il est mis en accusation pour "fraude aggravée", "abus de confiance" et "violation de la loi contre la concurrence déloyale", aux côtés de quatre autres prévenus.

Également dans le collimateur, l'ex-PDG de la marque Audi, Rupert Stadler, renvoyé fin juillet devant la justice.

Depuis 2015, les deux successeurs de M. Winterkorn ont tenté de tourner la page du scandale qui a secoué le constructeur et avec lui toute la branche automobile allemande, fleuron industriel du pays.

Le "dieselgate" a déjà coûté au groupe de Wolfsbourg plus de 30 milliards d'euros en amendes, frais juridiques et dédommagements de clients à l'entreprise.

Son cours de bourse évoluait mardi en milieu de journée à 152,7 euros, en baisse de 2,70%. En septembre 2015, il avait dégringolé de 162 à environ 90 euros dans les jours suivant l'éclatement du scandale.


Les ennuis judiciaires pour Volkswagen dans le vaste scandale de moteurs diesel truqués se sont encore aggravés mardi en Allemagne, avec un procès qui se profile pour "manipulation de cours boursier" contre deux dirigeants actuels du constructeur et son ancien PDG.Le parquet de Brunswick, chargé du dossier, a demandé mardi le renvoi devant la justice de l'actuel PDG du constructeur automobile allemand, Herbert Diess, de son président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch, ainsi que de l'ancien président du directoire du groupe, Martin Winterkorn.Tous trois sont mis en accusation pour avoir "sciemment" informé "trop tard" les marchés financiers des conséquences financières du scandale se comptant "en milliards", et ainsi "influencé le cours boursier" de VW, a indiqué le parquet dans un communiqué.La première...