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Nos lecteurs ont la parole - Georges Édouard Salwan

Politiques publiques et lutte contre la pauvreté

La pauvreté hante le Liban et ses politiques publiques. Le système de protection sociale dont la clé de voûte était avant-guerre la Sécurité sociale couvrant les risques du travailleur salarié et de sa famille se désagrège. Chaque année, la pauvreté augmente et se transforme. Elle est progressivement devenue un risque à couvrir par la protection sociale et doit devenir une priorité des politiques publiques nationales. Hélas, les politiques de réduction ou d’atténuation ainsi que les instruments et financements spécifiques pour lutter explicitement contre la pauvreté et les exclusions n’existent point.

Les dépenses publiques s’étendent chaque année vers une augmentation de l’endettement plutôt que vers le financement de projets de croissance économique dont le pilier reste la création d’emplois, le travail étant la principale source de revenus. Il est nécessaire de procéder à des politiques concernant le travail selon l’évolution des formes d’emploi et les ménages/familles par la mise en œuvre de réformes structurelles volontaristes selon une orientation stratégique de faire plus et de faire mieux. Les études démontrent que l’évaluation de la pauvreté s’aborde à partir de quatre approches :

- La pauvreté « absolue », selon un seuil de ressources au-dessous duquel on est compté comme pauvre

- La pauvreté « relative », basée sur le seuil monétaire du revenu mensuel et des conditions de vie (repas, habitation, etc.)

- La pauvreté « administrative », selon les prestations sociales attribuées par l’État visant à atténuer la pauvreté et qui n’existent point au Liban

- La pauvreté « ressentie », selon le sentiment des gens.

Les conséquences de la crise économico-financière se font durement sentir. Quel est l’indicateur employé au Liban pour mesurer les évolutions statistiques de la pauvreté ? La proportion du « ressenti » comme approche de l’évaluation de la pauvreté au sein de ce qui reste de la « classe moyenne » a augmenté. La pauvreté « absolue » touche plus de 30 % de la population active qui ressent un manque de ressources et de revenus. Ce sont principalement les jeunes qui n’ont pas accès à une insertion professionnelle stable qui constituent la majorité de la pauvreté aussi bien dans l’approche « relative » et « absolue ». On dénote aussi un phénomène de féminisation de la pauvreté au Liban.

Que faire ?

- La pauvreté doit être érigée en risque de sécurité sociale, en priorité explicite des mécanismes de protection sociale.

- Établir la lutte contre la pauvreté et l’exclusion comme une priorité de l’ensemble des politiques publiques

- Lancer des plans et des programmes par le gouvernement pour la lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale à partir de politiques publiques génériques et spécifiques en progressant vers un objectif d’« aucune personne en situation de pauvreté absolue », en intensifiant la lutte contre l’extrême pauvreté qui génère l’extrême violence.

Il est vrai qu’énoncer les mesures de lutte contre la pauvreté est facile, mais les faire passer reste très malaisé dans un système de ploutocratie, si ce n’est de mafiocratie, de fait.

Avocat à la cour

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

La pauvreté hante le Liban et ses politiques publiques. Le système de protection sociale dont la clé de voûte était avant-guerre la Sécurité sociale couvrant les risques du travailleur salarié et de sa famille se désagrège. Chaque année, la pauvreté augmente et se transforme. Elle est progressivement devenue un risque à couvrir par la protection sociale et doit devenir une priorité des politiques publiques nationales. Hélas, les politiques de réduction ou d’atténuation ainsi que les instruments et financements spécifiques pour lutter explicitement contre la pauvreté et les exclusions n’existent point. Les dépenses publiques s’étendent chaque année vers une augmentation de l’endettement plutôt que vers le financement de projets de croissance économique dont le pilier reste la création d’emplois, le...
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