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Affaire Karachi : le parquet demande un procès pour un ex-Premier ministre français

AFP
20/09/2019

Le parquet a demandé un procès pour l'ex-Premier ministre français Edouard Balladur dans le volet financier de l'affaire du possible financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995, via des rétrocommissions révélées dans l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002.

Le procureur général François Molins a requis mi-juillet le renvoi devant la Cour de justice de la République (CJR) de M. Balladur, ainsi que de son ex-ministre de la Défense François Léotard, a appris l'AFP vendredi de source judiciaire, confirmant une information de l'hebdomadaire L'Express.

La CJR est la seule instance habilitée à juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

Il revient désormais à la commission de l'instruction de la CJR de décider de juger ou non les deux hommes, inculpés depuis 2017 de "complicité d'abus de bien sociaux", pour leur responsabilité dans cette affaire.

"Je n'étais informé de rien sur l'existence de commissions, de rétro-commissions, (...) de réseaux officieux et d'autres officiels", s'était défendu M. Balladur, entendu à cinq reprises plus de 20 ans après les faits, selon l'un de ses interrogatoires révélés par l'AFP.

Il est également soupçonné de "recel".

L'affaire de Karachi doit son nom à l'attentat du 8 mai 2002 qui avait fait quinze morts, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals (ex-DCN), et douze blessés dans cette ville du Pakistan. Tous travaillaient à la construction d'un des trois sous-marins Agosta vendus à ce pays sous le gouvernement Balladur (1993-1995).

En parallèle, l'enquête antiterroriste, qui privilégiait initialement la piste d'Al-Qaïda, a exploré depuis 2009 la thèse - non confirmée - de représailles à la décision de Jacques Chirac, qui a battu Edouard Balladur à la présidentielle, d'arrêter le versement de commissions dans ces contrats après son élection.

En creusant cette hypothèse, les magistrats avaient acquis la conviction que les comptes de campagne de M. Balladur, pourtant validés, avaient été en partie abondés par des rétrocommissions - illégales -, à hauteur de 13 millions de francs (près de deux millions d'euros), en marge de contrats de livraison de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie Saoudite (Sawari II).

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