L’ancien député, Farès Souhaid, a demandé hier au procureur général, le juge Ghassan Oueidate, via Twitter, d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre du détenteur du compte Twitter @alibarakat16 pour « incitation au meurtre ». Ce dernier a écrit dans un tweet : « Aujourd’hui (hier) se tiennent les législatives israéliennes. Où voteront Marwan Hamadé (député du Parti socialiste progressiste, victime d’une tentative d’assassinat en octobre 2004), Fouad Siniora (ancien Premier ministre), Farès Souhaid, Nadim Koteiche (journaliste), Samir Geagea (chef des Forces libanaises), la famille Gemayel, May Chidiac (ministre FL, ex-journaliste victime d’une tentative d’assassinat en septembre 2005) et quelques autres ? »
Ce tweet coïncide avec l’affaire de l’ancien responsable militaire de l’Armée du Liban-Sud, Amer Fakhoury, arrêté dès son retour à Beyrouth et dont le dossier de collaboration avec Israël a été rouvert, indépendamment de la question de la prescription.
Pour M. Souhaid, contacté par L’Orient-Le Jour, un tel tweet écrit dans une telle atmosphère de tensions au Liban sert à « diaboliser » les personnalités politiques et médiatiques citées, en leur accolant une étiquette de « traîtres » pour justifier un recours éventuel à la violence physique contre elles.
Selon l’ancien coordinateur du 14 Mars, ce « personnage » qu’il pointe du doigt est manifestement « organisé à l’intérieur de l’appareil du Hezbollah » et pourrait bien être le détenteur d’un faux compte « que le juge se doit en tout cas de vérifier ».
Cette méthode de « la liquidation morale qui légitime la liquidation physique » avait été appliquée avant l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, qui avait subi une campagne politico-médiatique, avant la date fatidique du 14 février 2005.
« Les opposants au Hezbollah sont devenus rares et continuent d’être intimidés. En ce qui me concerne, je continuerai à dire ce que je veux et ce que je pense », assène Farès Souhaid.

