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Moyen Orient et Monde - Turquie

Une opposante d’Erdogan condamnée à près de 10 ans de prison

Canan Kaftancioglu, responsable du parti d’opposition CHP (social-démocrate) pour la province d’Istanbul. Bulent Kilic/AFP

Une opposante au président turc Recep Tayyip Erdogan a été condamnée hier à près de 10 ans de prison pour plusieurs chefs d’accusation, dont « propagande terroriste » et « insulte au chef de l’État », en raison notamment de propos écrits sur Twitter. Canan Kaftancioglu, responsable du parti d’opposition CHP (social-démocrate) pour la province d’Istanbul, « a été condamnée à un total de neuf ans et huit mois de prison », a annoncé une responsable de cette formation politique. Mme Kaftancioglu a été condamnée pour cinq chefs d’accusation différents, basés principalement sur des tweets postés il y a plusieurs années : « propagande terroriste », « insulte au chef de l’État », « insulte à un fonctionnaire de l’État », « insulte à la République turque » et « incitation à la haine ».

La responsable, dont le procès était très suivi en Turquie et à l’étranger, a rejeté ces accusations, dénonçant un « procès politique » visant, selon elle, à la punir pour avoir œuvré à la défaite du parti de M. Erdogan aux élections municipales à Istanbul. Mme Kaftancioglu est souvent présentée comme l’architecte des campagnes victorieuses du nouveau maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, qui a battu le candidat de M. Erdogan en mars puis en juin, après l’annulation du premier scrutin dans des conditions controversées.

Comme chaque peine de prison, prise individuellement, est inférieure à cinq ans, Mme Kaftancioglu ne sera pas emprisonnée dans l’attente de son procès en appel qui devrait intervenir d’ici à six mois, selon la responsable du CHP. Après l’audience, Mme Kaftancioglu a été accueillie devant le tribunal par plusieurs centaines de partisans venus la soutenir. « Droits, lois, justice ! » a scandé la foule, en brandissant des écharpes à l’effigie de Mme Kaftancioglu et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Tu ne seras jamais seule » ou « C’est parce qu’on a gagné ».

Punir Istanbul

Dans une allocution devant le palais de justice, Mme Kaftancioglu a critiqué la peine prononcée contre elle et pointé un doigt accusateur en direction du gouvernement : « Ils croient pouvoir nous effrayer, mais nous continuerons de parler », a-t-elle lancé. « Les décisions ne sont pas prises dans les tribunaux, mais au palais (présidentiel). Ce procès visait à punir Istanbul et ceux qui ont fait gagner le peuple d’Istanbul », a-t-elle ajouté.

« C’est un procès complètement politique. (Le parti de M. Erdogan) cherche à prendre sa revanche après sa défaite aux élections », a abondé Sadi Simsek, venu soutenir Mme Kaftancioglu. Celle-ci était poursuivie principalement sur la base de tweets publiés entre 2012 et 2017, en lien notamment avec de grandes manifestations antigouvernementales en 2013, une tentative de putsch en 2016 ou encore l’assassinat d’un journaliste d’origine arménienne.

M. Imamoglu, le maire d’Istanbul, a assisté à une partie de l’audience hier pour soutenir Mme Kaftancioglu. La responsable du CHP à Istanbul, qui risquait jusqu’à 17 ans de prison dans le cadre de ce procès, n’a eu de cesse de rejeter les accusations tout au long de l’affaire. Le tribunal d’Istanbul a d’ailleurs reproché hier à Mme Kaftancioglu son « absence de remords » pour justifier la lourde condamnation.

Source : AFP

Une opposante au président turc Recep Tayyip Erdogan a été condamnée hier à près de 10 ans de prison pour plusieurs chefs d’accusation, dont « propagande terroriste » et « insulte au chef de l’État », en raison notamment de propos écrits sur Twitter. Canan Kaftancioglu, responsable du parti d’opposition CHP (social-démocrate) pour la province d’Istanbul, « a été condamnée à un total de neuf ans et huit mois de prison », a annoncé une responsable de cette formation politique. Mme Kaftancioglu a été condamnée pour cinq chefs d’accusation différents, basés principalement sur des tweets postés il y a plusieurs années : « propagande terroriste », « insulte au chef de l’État », « insulte à un fonctionnaire de l’État »,...
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