Les États-Unis ont bloqué une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU sur les tensions entre le Hezbollah et Israël, rejetant toute mise en cause de ce pays et provoquant un abandon du texte, présenté par la France, selon des sources diplomatiques citées par l’AFP dans une dépêche datée de New York.
Dans sa première version, négociée depuis le début de la semaine et obtenue par l’AFP, le texte en six points exprimait « la profonde préoccupation » du Conseil face aux violations de la ligne bleue qui sépare le Liban d’Israël. « Les membres du Conseil de sécurité condamnent toutes les violations de la ligne bleue, à la fois par les airs et au sol, et appellent fermement toutes les parties à respecter la cessation des hostilités », indiquait aussi le projet de déclaration rédigé par la France.
Selon des diplomates, les États-Unis ont à deux reprises rompu des procédures de silence qui visaient à une adoption du texte et à sa publication. Washington a d’abord réclamé que le Hezbollah soit nommément condamné dans le texte, avant de réclamer le gommage de toute mise en cause d’Israël, même implicitement.
Pour Washington, il n’était pas possible de mettre sur un pied d’égalité Israël et son droit à l’autodéfense et le Hezbollah, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, a expliqué un diplomate.
Pour plusieurs autres membres du Conseil de sécurité cependant, il n’était pas possible d’avoir un tel déséquilibre dans le texte qui, au final, a été abandonné, selon les mêmes sources. Toute déclaration du Conseil de sécurité doit être approuvée à l’unanimité de ses 15 membres.
La semaine dernière, la confrontation entre le Hezbollah et Israël était allée crescendo. Elle avait commencé lorsque l’armée israélienne avait bombardé une position iranienne en Syrie, tuant deux combattants du Hezbollah, avant de se poursuivre par des accusations d’attaques de drones israéliens contre la banlieue sud de Beyrouth, puis par des tirs par le Hezbollah de missiles antichars sur le nord d’Israël. Tel-Aviv avait répliqué avec des frappes dans le sud du Liban, provoquant des incendies.

