Le président brésilien Jair Bolsonaro lors d'une cérémonie à Brasilia, le 29 août 2019. REUTERS/Adriano Machado
Il a accusé sur Twitter la commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet, qui a fait état d'un "rétrécissement de l'espace démocratique" au Brésil, de "s'ingérer" en défendant "les bandits qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires".
Jair Bolsonaro a ensuite attaqué personnellement Mme Bachelet sur Facebook. "Elle oublie que le Chili n'est pas devenu un (nouveau) Cuba grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, parmi ces communistes, son père", a-t-il écrit. Alberto Bachelet, un général d'aviation, est mort à 50 ans en prison, où il a été torturé, un an après le coup d'Etat d'Augusto Pinochet.
"Quand les gens n'ont plus rien à faire, ils vont occuper un siège aux Droits de l'Homme à l'ONU", a ensuite ironisé Jair Bolsonaro devant la presse à propos de l'ex-présidente chilienne.
Ces attaques interviennent trois semaines avant que Jair Bolsonaro ne prononce le premier discours de l'assemblée générale de l'ONU, le 24 septembre à New York.
"Ces derniers mois, nous avons observé un rétrécissement de l'espace civique et démocratique, caractérisé par des attaques contre les défenseurs des droits de l'Homme, des restrictions imposées au travail de la société civile", avait auparavant déclaré Mme Bachelet à Genève. Elle a également fait état d'une "augmentation" du nombre des personnes tuées par des policiers au Brésil sous la présidence d'extrême droite, soulignant que cette violence touche de manière disproportionnée les afro-Brésiliens et les habitants des favelas.
En évoquant Emmanuel Macron dans son tweet, le président brésilien fait allusion au bras de fer qui les oppose depuis deux semaines, sur une tout autre question : les incendies en Amazonie, qualifiés de "crise internationale" par la France. M. Bolsonaro exige, avant toute discussion avec Paris, que le président français "se rétracte" après avoir évoqué une internationalisation de la préservation de l'Amazonie. Le Brésil ne cesse de réaffirmer sa souveraineté sur les 60% de la gigantesque forêt tropicale qu'il abrite.
"Pas besoin d'aumône"
Mme Bachelet a aussi évoqué devant la presse l'Amazonie, touchée par des milliers d'incendies volontaires destinés à faire place nette aux cultures et à l'élevage bovin.
"En ce qui concerne l'Amazonie, 33% des incendies se produisent dans des terres indigènes ou dans des lieux protégés", a asséné Mme Bachelet. "Nous avons dit au gouvernement qu'il devrait protéger les défenseurs des droits de l'Homme, des défenseurs de l'environnement, mais aussi examiner les mesures qui pourraient déclencher des violences contre eux", a-t-elle ajouté.
"Exploitation illégale des ressources naturelles, principalement agricoles, forestières et minières" : pour Mme Bachelet, cette "violence liée à la protection de l'environnement" est observée dans tout le pays et frappe "surtout les communautés indigènes".
Mis sous une pression intense par la communauté internationale, France en tête, M. Bolsonaro s'est arc-bouté sur le thème de la souveraineté du Brésil, cher à sa base électorale.
Dans un entretien mercredi avec le quotidien Folha de S.Paulo, l'ex-capitaine de l'armée a de nouveau évoqué M. Macron : "je n'ai pas besoin d'aumône" a-t-il dit au sujet de l'aide qu'il refuse toujours pour lutter contre les incendies, "Il (M. Macron) m'a donné deux choses gratuitement : le discours sur la souveraineté et le patriotisme".
Pendant ce temps, les incendies ont encore progressé en 24 heures dans tout le Brésil, avec 772 nouveaux départs de feux signalés mardi soir, dont près de 52% dans la seule Amazonie, selon l'Institut INPE.


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