Des rebelles yéménites houthis. Photo d'archives AFP
Le frère du chef des rebelles au Yémen a été "assassiné", ont annoncé vendredi les insurgés en accusant des "traîtres" au service de la coalition sous commandement saoudien engagée au côté du pouvoir dans la guerre dans ce pays.
Depuis plus de quatre ans, le Yémen est le théâtre d'un conflit entre les forces progouvernementales, appuyées par la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, et les rebelles houthis qui ont conquis des régions dans le nord, l'ouest et le centre du pays et contrôlent la capitale Sanaa.
"Le martyr Ibrahim Badreddine Amir al-Din al-Houthi a été assassiné par les mains de traîtres" qui travaillent pour le compte de la coalition, ont accusé les rebelles dans un communiqué diffusé par leur chaîne de télévision Al-Massirah, sans donner davantage de détails sur les circonstances de sa mort. Les houthis, dirigés par Abdel Malek al-Houthi, ont ajouté qu'ils feraient "tout pour arrêter les criminels qui l'ont assassiné et les traduire en justice". Une source de sécurité yéménite a indiqué à l'AFP que Ibrahim al-Houthi commandait les houthis dans leur fief de Saada (nord), à la frontière avec l'Arabie saoudite.
Sur un autre front du conflit, six civils, dont quatre d'une même famille, ont été tués au troisième jour de combats entre soldats progouvernementaux dans la ville d'Aden (sud), selon une source de sécurité. Les rues d'Aden où siège le gouvernement yéménite étaient désertes et des obus ont touché des zones résidentielles, ont indiqué des habitants.
Selon l'organisation Médecins sans frontières (MSF), plus de 75 personnes blessées ont été soignées dans un hôpital relevant de cette ONG depuis vendredi. "La plupart sont des civils atteints d'éclats lors du bombardement de leur maison ou de balles perdues", a-t-elle indiqué sur Twitter, ajoutant que l'hôpital restait ouvert "malgré l'escalade des combats à Aden".
Des sécessionnistes du Sud figurent parmi les forces progouvernementales combattant les rebelles houthis mais ces derniers temps le gouvernement du président Abdel Hadi Mansour les a accusés d'être responsables des combats à Aden. Ces séparatistes qui aspirent à créer un Yémen du Sud indépendant font partie d'une force appelée "Ceinture de sécurité" soutenue par les Emirats arabes unis, un pilier de la coalition militaire. Le Yémen du sud était un Etat indépendant jusqu'en 1990. Dans le sud où des partisans de l'autonomie revendiquent l'indépendance, le ressentiment est fort contre les Yéménites originaires du Nord accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays.
Le conflit au Yémen a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU.


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