Photo d'archives REUTERS/Francois Walschaerts
L'OTAN ne veut pas s'engager dans une nouvelle course aux armements après la fin du traité nucléaire INF entre les Etats-Unis et la Russie, mais fera en sorte que "sa capacité de dissuasion reste crédible", a annoncé vendredi son secrétaire général.
Jens Stoltenberg a par ailleurs rejeté une proposition de moratoire de Moscou sur le déploiement des armes nucléaires prohibées par ce document de la Guerre froide. "Offrir un moratoire n'est pas crédible", a affirmé M. Stoltenberg au cours d'une conférence de presse au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles. "La Russie a déployé des missiles en violation du traité INF ("Intermediate Nuclear Forces" ou "Forces nucléaires intermédiaires"). Comment croire en sa bonne foi", a-t-il accusé. "C'est risible et ridicule".
Selon le chef de l'OTAN, la Russie "porte seule la responsabilité de la mort du traité INF" et doit "cesser de déployer ses nouveaux missiles et les détruire". "Nous ne voulons pas d'une nouvelle course aux armements, mais nous ferons en sorte que notre dissuasion soit crédible" face au déploiement du nouveau système de missiles russes "capables de transporter des têtes nucléaires et de frapper les villes européennes en quelques minutes", a-t-il affirmé.
Les Etats-Unis et leurs alliés considèrent que les missiles russes 9M729 violent le traité INF et représentent une "menace directe", bien que la Russie assure qu'ils ont une portée maximale de 480 km.
"Nous avons investi dans des nouvelles capacités de défense anti-missiles et aériennes. Nous avons augmenté les dépenses de défense (dans les 29 Etats membres). Nous avons accru notre présence militaire à l'est de l'Europe et nous avons augmenté la réactivité de nos forces", a encore énuméré Jens Stoltenberg. "Mais nous ne réagirons pas de manière intempestive. Nous voulons conserver une approche juste, défensive et dissuasive (...) vis-à-vis des risques considérables que font peser les nouveaux missiles russe", a-t-il assuré. "Nous n'allons pas déployer de nouveaux missiles nucléaires terrestres en Europe", a-t-il promis.
Le traité INF, en abolissant l'usage de toute une série de missiles à capacité nucléaire de portée intermédiaire (de 500 à 5.500 km), avait permis l'élimination des SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe. Mais sa mort risque d'ouvrir une nouvelle course aux armements
"Je suis convaincu que la Russie se rendra compte des avantages d'une maîtrise des armements. Il est dans l'intérêt de la Russie d'éviter une nouvelle course aux armements dangereuse et extrêmement onéreuse", a conclu le secrétaire général de l'OTAN.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine