La Corée du Sud va retirer le Japon de sa "liste blanche" des partenaires commerciaux de confiance, a annoncé vendredi le ministre sud-coréen des Finances, quelques heures après que Tokyo eut pris une mesure similaire contre Séoul.
La décision japonaise "sape fondamentalement la relation de confiance et de coopération que les deux pays ont établie", a déclaré le ministre Hong Nam-ki. "Pour cette raison, nous exprimons notre forte protestation et nos profonds regrets, et appelons Tokyo à retirer immédiatement ses mesures commerciales vindicatives." "Nous continuerons à faire des efforts pour résoudre cette question par la diplomatie", a déclaré Hong Nam-ki. "Mais nous allons également retirer le Japon de notre liste blanche et lancer une procédure pour renforcer les contrôles de nos exportations."
Le Japon a décidé vendredi de durcir encore les restrictions commerciales envers la Corée du Sud, la rayant d'une liste d'Etats bénéficiant d'un traitement de faveur, une mesure que Séoul a qualifiée d'irresponsable.
En dégradant la Corée du Sud de la catégorie des Etats A (traitement de faveur) à celle des Etats B (autorisation spéciale obligatoire), Tokyo signifie que son voisin n'est pas fiable et qu'il faut s'assurer avant d'exporter qu'il ne va pas utiliser à des fins détournées (militaires notamment) les matériaux et équipements venant du Japon.
Japon et Corée du Sud sont deux très proches alliés des Etats-Unis face à la menace que pose une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire et face à une Chine qui affirme de plus en plus fortement ses ambitions mondiales. Mais la relation entre Tokyo et Séoul est depuis des décennies plombée par les différends historiques hérités de l'époque où la péninsule était une colonie nippone (1910-1945).


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