Je n’ai pas l’intention de défendre Mashrou’ Leila.
Je n’ai pas l’intention de défendre la liberté d’expression.
Je ressens un besoin profond, viscéral, impérieux, de défendre la religion et les valeurs religieuses contre ceux qui les bafouent impunément.
Je suis croyant, ma foi et mon espace vital sont pénétrés d’esprit évangélique et coranique, mon espérance pour l’humanité entière est sous le signe des valeurs religieuses.
Je crois qu’il est de mon devoir de prendre la défense de ces valeurs contre les pharisiens qui les vident de leur sens, les dénaturent et les instrumentalisent.
Saint François d’Assise, en priant, entendit l’appel de Jésus-Christ lui demandant de « réparer son Église en ruine ». Il a d’abord cru qu’il s’agissait de restaurer la vieille chapelle dans laquelle il priait. Il lui fallut quatre ans pour comprendre le message : il s’agissait de la ruine morale de l’Église, pourrie dans ses richesses et l’immodestie de ses potentats.
Je crois qu’il est de mon devoir de croyant de dénoncer ceux qui défigurent la religion et contribuent à la faire détester par ceux qu’ils oppriment et à donner raison à ceux qui la contestent (et qui la méconnaissent).
Honte à vous qui criez victoire parce que vous avez réussi à faire taire quatre musiciens libanais dont l’art est globalement consacré à l’amour, la paix et la fraternité.
Vous avez l’anathème facile et la gloriole hideuse. C’est vous qui insultez la religion et outragez le Crucifix. Le luxe de vos temples et la haine de vos discours sont autant d’injures au Crucifié nu et misérable, dont le discours a été jusqu’à son dernier souffle un message d’amour, de tolérance et de refus de la violence verbale et physique. Et qu’on ne me parle pas de la colère de Jésus contre les marchands du temple, elle était dirigée précisément contre ceux qui s’enrichissaient à l’intérieur du temple (à bon entendeur…).
Jésus et la femme adultère, Jésus et le bon larron, Jésus rabrouant saint Pierre levant le glaive, Jésus face aux pharisiens et aux marchands du temple. Voilà les images que vous profanez. Voilà ce que je voudrais défendre contre vos outrages permanents et vos accès d’arrogance tartuffienne.
Si mon animosité est aujourd’hui dirigée contre mes compatriotes chrétiens, cela ne veut pas dire que je voudrais épargner les musulmans. Loin de là, ils méritent le même réquisitoire, mais aujourd’hui, les glorieux vainqueurs de la bataille contre Mashrou’ Leila ont exhibé leur malfaisance.
« Ce n’est ni d’un tête-à-tête, ni d’un corps à corps que nous avons besoin mais d’un cœur à cœur. » Pierre Teilhard de Chardin
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""« Ce n’est ni d’un tête-à-tête, ni d’un corps à corps que nous avons besoin mais d’un cœur à cœur. » Pierre Teilhard de Chardin"" Je reprends votre citation, et je devine son sens profond et elle touche le côté tendre de mon cœur. Avec ma voix qui dépasse les hautes colonnes de Baalbek, je peux la déclamer pour être entendue à des kilomètres à la ronde… La culture de l’amour, du cœur, que c’est beau………… C.F. /////////////////////////////////////////
02 h 41, le 02 août 2019