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Dernières Infos - Liban

Concert de Mashrou' Leila : le festival de Byblos appelle l’État à protéger la liberté d'expression


Les 4 membres du groupe de rock alternatif libanais Mashrou' Leila (de gauche à droite) : Carl Gergès, Haig Papazian, Firas Abou Fakher et Hamed Sinno. Photo D.R.

Le comité organisateur du festival de Byblos a appelé dans la nuit de mardi à mercredi les autorités libanaises à œuvrer pour que la liberté d'expression reste au Liban "un droit inaliénable", soulignant que la décision d'annuler le concert du groupe Mashrou' Leila, accusé d'atteinte aux valeurs et symboles chrétiens, avait été prise "avec colère et tristesse". 

La polémique concernant le concert du groupe à Jbeil avait éclaté il y a une semaine sur les réseaux sociaux, en raison d'une atteinte présumée à la religion chrétienne due à une photo représentant une icône de la Vierge dont le visage a été remplacé par celui de la chanteuse Madonna, accolée à un article partagé par le chanteur du groupe, Hamed Sinno, en 2015. Un des titres du groupe est également pointé du doigt. Sur un plan plus implicite, l’homosexualité affichée du chanteur semble également déranger.

"C'est avec colère et tristesse que nous avons dû prendre la décision d'annuler le concert à venir de Mashrou' Leila", qui était programmé le 9 août, dans le cadre du Festival international de Byblos, affirme le comité organisateur de l'événement dans un communiqué publié sur la page Facebook du festival. "Nous avons coopéré sans relâche avec les autorités compétentes afin que le concert puisse avoir lieu, comme ce fut le cas en 2010 et 2016, mais, en accord avec le groupe, nous avons fini par trancher que la sécurité des artistes et du public devait être notre première priorité", ajoutent les organisateurs, qui précisent que le comité organisateur est constitué de "citoyens multi-confessionnels et non-affiliés politiquement". 

"Le Festival fait appel à sa communauté de soutien, afin qu'elle fasse entendre sa voix et demande à l’État libanais d'agir pour assurer que l'expression de Mashrou' Leila et de tous les autres artistes reste un droit inaliénable", ajoute le communiqué. Et d'ajouter : "La liberté doit être, avant toute autre chose, la liberté de ne pas vivre dans la peur". 




Mardi, le comité organisateur du festival avait annoncé avoir été "obligé d'annuler le concert" du groupe de rock alternatif libanais "pour éviter une effusion de sang et préserver la sécurité et la stabilité". Le groupe avait condamné la campagne à son encontre fondée, selon lui, sur de fausses accusations et une distorsion de leurs paroles. Ils avaient précisé que le poste polémique avait été partagé sur Facebook en 2015 et supprimé un an plus tard et que les deux chansons incriminées sont connues depuis 2015. Dans la soirée de mardi, onze ONG et associations libanaises avaient annoncé avoir saisi le procureur général pour que des poursuites judiciaires soient engagées "contre les personnes et les acteurs politiques ayant publiquement incité à la violence contre le groupe".

Le comité organisateur du festival de Byblos a appelé dans la nuit de mardi à mercredi les autorités libanaises à œuvrer pour que la liberté d'expression reste au Liban "un droit inaliénable", soulignant que la décision d'annuler le concert du groupe Mashrou' Leila, accusé d'atteinte aux valeurs et symboles chrétiens, avait été prise "avec colère et tristesse". La polémique concernant le concert du groupe à Jbeil avait éclaté il y a une semaine sur les réseaux sociaux, en raison d'une atteinte présumée à la religion chrétienne due à une photo représentant une icône de la Vierge dont le visage a été remplacé par celui de la chanteuse Madonna, accolée à un article partagé par le chanteur du groupe, Hamed Sinno, en 2015. Un des titres du groupe est également pointé du doigt. Sur un plan plus...