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Culture

Êtes-vous des « séries-killers » ?

Sélection

Les séries télévisées ne sont plus (uniquement) les soap opéras ou les sitcoms des années 1990 et 2000. Passées de divertissement bon enfant au statut d’œuvres d’art à part entière, elles sont devenues aussi addictives que variées, aussi nombreuses qu’imaginatives. Voici les huit séries que la rédaction de « L’Orient-Le Jour » vous recommande pour cet été 2019.

27/07/2019

« What/If » : avec des « si », on mettrait le couple en bouteille

« Seriez-vous prête à sacrifier votre couple pour sauver votre boîte ? » Une jeune entrepreneure ambitieuse mais un peu fauchée accepte, en accord avec son fiancé, cette offre douteuse d’Anne Montgomery, une mystérieuse – soi-disant – bienfaitrice. Sauf que très vite, le couple se rend compte qu’il est pris dans la toile d’une manipulatrice. Lisa et Sean sont contraints d’agir de façon extrême. Présentée comme une anthologie dont chaque saison interrogera une valeur morale différente, What/If – de Mike Kelley avec Renée Zellweger, Blake Jenner et Jane Levy – explore, dans son premier tome (sur Netflix), l’idée que des gens bien puissent transgresser leur propre moralité. Si une certaine facilité pousserait à qualifier la série de plaisir coupable, si on lui trouve des parentés avec les thrillers des années 90, c’est surtout pour la performance de Renée Zellweger, qui crève l’écran en déployant les circuits mentaux souterrains d’une femme folle et machiavélique, qu’on recommande vivement What/If.

« Chernobyl », le plus amoral des mensonges

Que s’est-il vraiment passé avant ce soir-là, que s’est-il passé durant et que va-t-il se passer après, voilà ce que Chernobyl, minisérie produite par la chaîne américaine HBO et la britannique Sky – créée et écrite par Craig Mazin, réalisée par Johan Renck – de la pire catastrophe causée par l’homme le 26 avril 1986, va révéler. Âmes sensibles s’abstenir… Une angoisse sourde saisit le spectateur dès les premières minutes. Les heures qui suivent sont terrifiantes, et l’on sait pertinemment que les choses ne vont pas s’améliorer (personne n’a jamais espéré un dénouement heureux au Titanic). Sauf que ce récit n’est pas seulement là pour relater des faits, mais pour dénoncer avec une sobriété exemplaire ce qui fut le plus dangereux, le plus gros et le plus amoral des mensonges et son pouvoir diabolique. La vérité sur la plus grande catastrophe engendrée par l’homme (à ce jour) reste insondable. Un casting réussi (avec Emily Watson, scientifique chargée de l’enquête, et Jared Harris dans le rôle principal) et une reconstitution impeccable.


« The Protector », premier superhéros turc

Depuis plus d’une dizaine d’années, la région MENA est accro aux séries turques romantiques, comiques ou policières. Malgré le fait que les sujets aient tendance à se ressembler et à se répéter à quelques détails près, l’engouement n’a pas cessé pour ces beaux mâles (tous recrutés dans des agences de mannequins) et ces superbes femmes, l’une plus belle que l’autre. Surfant sur la vague, Netflix a lancé, en 2018, sa propre série turque The Protector. C’est l’histoire de Hakan, incarné par Çağatay Ulusoy, star incontestée du petit et du grand écran en Turquie, jeune marchand d’antiquité dont le destin est bouleversé quand il apprend qu’il doit protéger Istanbul des « Immortels ». La première saison ayant cartonné, Netflix a renouvelé l’expérience avec une seconde saison.


« My brilliant Friend », une amie prodigieuse

Basée sur la saga éponyme d’Elena Ferrante, l’action de la série italo-américaine My Brilliant Friend – réalisée par Saverio Costanzo – se déroule dans une Naples dangereuse et fascinante, dans les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale. Elle retrace la vie de deux fillettes sur six décennies d’amitié. La rencontre a lieu sur les bancs de l’école. Lila dissimule un esprit vif et une intelligence féroce derrière des cheveux sales et un visage sombre, elle est la fille que tout le monde évite. Lenù, fascinée par la seule fille de la classe qui présente un intérêt, tente de se rapprocher d’elle. Il y a de l’amitié et de la rivalité, un désir d’incarner l’autre et de le perfectionner en même temps. Il y a l’Italie profonde et sa misère. Et il y a surtout un casting et un jeu impressionnants de réalisme et d’authenticité. HBO et Canal +


« Big Little Lies », la vérité derrière le glam

Portée par une dream team de stars féminines s’unissant sous le ciel trompeur de la Californie du Nord pour faire face à l’oppresseur masculin, Big Little Lies de David E. Kelley est devenu, dès la sortie de sa première saison (sur HBO), l’une de ces rares séries contemporaines à trouver à la fois le succès et un réel écho avec le réel. Si le second volet explore le contrecoup de la chute du « monstre », mari abusif de Celeste Wright (interprétée par une Nicole Kidman qui offre une performance jubilatoire), on continue de retrouver ce décalage visuel et sensoriel entre les traumas que les actrices vivent et leur environnement un rien superficiel, qui fait toute la saveur de la série. Cerise sur le gâteau : l’arrivée de Meryl Streep au casting qui, inutile de le dire, ne peut qu’encourager à dévorer cette seconde saison.


« Karma » is not a b… anymore ?

Karma est une série dramatique libanaise. Les événements tournent autour du personnage de Karim, Rodney Haddad, dont la vie conjugale souffre énormément alors que les relations avec son épouse Hind sont très tendues. Cette dernière ne cesse de mettre la pression sur son mari afin qu’il vende la société viticole héritée de sa famille. De son côté, Hind file le parfait amour avec son amant. Un beau jour, une nouvelle Hind semble remplacer l’ancienne dans la maison familiale, à la grande surprise de Karim. Le physique est toujours le même, mais l’esprit et l’attitude sont radicalement différents. Le mari trompé semble complètement déboussolé par ce revirement inattendu du comportement de la nouvelle version de sa femme. En vedette : Stéphanie Saliba, Rodney Haddad, Rafic Ali Ahmad, Takla Chamoun, George Diab, Papa Jabbour, Joe Trad, Sam Farès, Antoinette Akiki et Dori Samarani. Une vision, un scénario, un dialogue de paix conciliant et une adaptation dramatique de Rami Kossa, dirigée par Rodney Haddad. Sur al-Jadeed, du lundi au vendredi à 08h30 et à 20h40.


Camille Cottin fait « Mouche »

Quatre ans après sa première apparition dans la série Dix pour cent sur France 2, près de trois ans après l’arrêt de Connasse, ses séquences caméra cachée sur Canal +, Camille Cottin revient dans cette série de six épisodes de près de 25 minutes chacun dans le rôle d’une trentenaire à l’humour cru et sans filtre. Adaptée de la série britannique Fleabag qui signifie sac à puces, la réalisatrice Jeanne Herry a préféré une traduction non littérale mais assez significative. En outre, Camille Cottin portait, adolescente, le surnom de Camouche. L’héroïne, au fil de la série, tente de mettre de l’ordre dans sa vie professionnelle et personnelle, tout en prenant par instants le spectateur à témoin, lui faisant part de ses questionnements intimes. On découvre les fêlures qui ont façonné la personnalité de Mouche et un grand secret dévoilé au tout dernier épisode. Excellente Camille Cottin !


« Black Sails », toutes voiles dehors

Les Vikings, les croisés, les royaumes perdus du Moyen Âge et bien d’autres thèmes historiques ont déboulé en force sur le petit écran. Pour ne pas être en reste, voilà les pirates. Ils font leur show, corsés de corsaires impénitents à travers Black Sails, une série américaine de Jonathan Steinberg et Robert Levine en 38 épisodes (sur quatre saisons) menés tambour battant.

En haute mer ou sur les côtes désertes des Caraïbes, les péripéties sur fond de vagues écumantes et voiliers qui tanguent du capitaine Flint et de ses potes pas forcément à bandeaux d’éclopés… On remonte bien avant L’île au trésor de Robert Louis Stevenson pour des aventures de flibustiers, riches en imprévus et violence. On croise les plus illustres forbans : Jack Rackham, Anne Bonny, Charles Vane… Sur fond de rififi marin, amusement et dépaysement garantis !




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libanais étranger au liban


Oui autant être un séries-killer qu'un serial de la catégorie

The protector fait un tabac actuellement dans le monde ( merci Netflix)

Sinon oui...Netflix et bien d'autres plateformes sont un vecteur catalyseur pour les séries.

Actuellement, ce sont les "films comédies turcs" qui ont la côte (et non les séries ) sur Netflix (en VO et sous titrés dans la langue de notre choix ).

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