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Économie

Ali Hassan Khalil « optimiste » malgré la croissance nulle

P.H.B. | OLJ
26/07/2019

Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a déclaré dans une interview livrée hier au quotidien al-Joumhouriya qu’il était « optimiste » quant à la capacité du Liban à renouer avec la croissance d’ici à la fin de l’année, alors que cette dernière a été nulle au premier semestre, selon ce qu’a rapporté fin juin le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé. Pour le ministre, la donne pourrait changer d’ici à la fin de l’année, surtout si « la situation politico-sécuritaire reste stable » et que le pays arrive à attirer davantage « de touristes et d’expatriés ».

Un pronostic qui rejoint celui des professionnels du tourisme qui ont annoncé dès mai dernier s’attendre à une saison estivale pleine, marquée notamment par le retour des touristes du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), dont le pouvoir d’achat est élevé.

Les revenus du tourisme ont atteint 8,4 milliards de dollars en 2018 contre 7,6 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 10,4 %, selon les chiffres publiés par la Banque du Liban (BDL), qui regroupent les revenus générés par les « prestations de voyage » (Travel services). Le montant de ces revenus en 2018 est, en valeur absolue, le plus élevé depuis 2002, et a représenté 15 % du PIB sur l’exercice, contre 14,7 % en 2017.

En parallèle, le ministre des Finances a une nouvelle fois assuré que le pays n’était « pas en faillite », alors que les agences de notation américaines Fitch et Standard & Poor’s doivent bientôt actualiser leurs évaluations respectives de la dette souveraine du pays (85,4 milliards de dollars à fin mai, +3,5 %). Le rapport de S&P est attendu le 23 août, a souligné le ministre. Les deux agences ont récemment abaissé la perspective de la notation souveraine du pays (« B- », « négative »), tandis que la troisième principale agence, Moody’s, a décidé en janvier d’abaisser d’un cran la note du pays, à « Caa1 », avec perspective « stable ».

M. Hassan Khalil a également indiqué qu’il était en discussions avec la BDL pour baisser le service de la dette de « 750 milliards de livres (500 millions de dollars) cette année ». Le budget pour 2019 qui a été adopté vendredi dernier reposait initialement sur le lancement d’une émission de bons du Trésor à taux réduit (à 1 %) d’une valeur de 11 000 milliards de livres libanaises (7,2 milliards de dollars). Rejetée par les banques puis par la BDL, l’opération a été annulée.

Le ministre a enfin écarté toute possibilité que la livre, arrimée au dollar depuis 1997, soit dévaluée.

P.H.B.

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