Le peloton du Tour de France cycliste s’est lancé hier à l’assaut du terrible triptyque alpestre de cette 106e édition de la Grande Boucle. Anne-Christine Poujoulat/AFP
Le peloton à l’assaut de trois « géants » des Alpes : le départ de la 18e étape du Tour de France cycliste a été donné hier à Embrun, point de départ de la première partie du terrible triptyque alpestre de cette 106e édition de la Grande Boucle.
Quand le peloton s’est lancé, le maillot jaune était toujours bien accroché aux épaules du coureur Julian Alaphilippe. Mais les adversaires du Français comptaient bien profiter du parcours long et dantesque de l’étape (208 km) pour faire craquer enfin le leader du classement général. Après deux jours de canicule sur la route de la Grande Boucle, les orages prévus hier en fin d’après-midi en Savoie devaient offrir un décor propice à tout coup de tonnerre au classement. Vars, Izoard, Galibier : trois grands cols des Alpes, tous au-dessus de 2 000 m, devraient se charger de saper l’énergie du coureur de l’équipe Deceuninck, qui avait toutefois le bonheur, en tant que bon descendeur, de voir que l’arrivée est située à Valloire, dans la vallée. Au contraire des arrivées des deux jours suivants, jugées en haut de difficiles ascensions.
Seuls 156 combattants sont encore présents pour attaquer le massif mythique : l’Allemand Tony Martin
(Jumbo-Visma) et le Britannique Luke Rowe (Ineos), qui se sont écharpés mercredi en pleine étape, ont été exclus par les commissaires et verront leurs coéquipiers de loin, leurs appels à une « seconde chance » n’ayant pas été entendus. Le Danois Soeren
Kragh Andersen (Sunweb), qui souffre de douleurs à la selle, a, lui, renoncé mercredi soir. Et l’Allemand Lukas Pöstlberger (Bora-Hansgrohe), pourtant présent dans l’échappée de mercredi et qui a terminé 12e à Gap, n’a pas non plus pris le départ hier.
Aujourd’hui, le peloton atteindra le « toit » du Tour pour une journée décisive : la 19e étape, entre Saint-Jean-de-Maurienne et Tignes, a tout pour déterminer la hiérarchie. Trois montées dans la Haute Maurienne, vallée exposée au vent, conduisent à l’Iseran, le plus haut col routier d’Europe à l’altitude de 2 770 m. Les 12,9 km (à 7,5 % de pente) du versant sud, à partir du village préservé de Bonneval, ont très rarement été escaladés par le Tour qui est passé 7 fois seulement au sommet. La descente, par Val-d’Isère, mène sans transition à l’ascension finale de Tignes, raide surtout dans sa première partie. Cette montée de 7,4 km à 7 % se conclut par deux kilomètres en léger faux plat. « La difficulté est qu’au pied, on est déjà à plus de 1 800 m, estime le cycliste Thibaut Pinot. On va mesurer l’effet de l’altitude sur l’organisme avant d’entamer les premières rampes. On est vraiment très haut. »
Tignes accueille le Tour de France pour la seconde fois, douze ans après la victoire (à oublier) du sulfureux danois Michael Rasmussen, qui allait être chassé du Tour quelques jours plus tard et sanctionné ensuite pour cause de dopage.
Source : AFP

