Les inquiétudes des agences de notation financières n’ont pas poussé les grandes banques correspondantes à modifier la façon dont elles traitent avec les banques libanaises. Jamal Saïdi/Reuters
Plusieurs sources bancaires ont indiqué à L’Orient-Le Jour qu’il n’y avait récemment eu « aucun changement global » dans les relations entre les banques libanaises et les banques correspondantes. Une précision apportée en réaction à une information publiée cette semaine par le quotidien al-Akhbar, qui, citant un « directeur » d’établissement bancaire anonyme, avait affirmé que « de nombreuses banques correspondantes avaient mis fin à leurs relations avec des banques libanaises », liant cette tendance à la dégradation de la santé financière du pays, fortement endetté (voir encadré).Une situation qui préoccupe les principales agences de notation financières. En janvier, Moody’s a abaissé la note souveraine du pays de « B3 » à « Caa1 », en ajustant sa perspective, de « négative » à « stable ». Les deux autres principales agences américaines, Fitch et Standard & Poor’s (« B- » et perspective « négative » pour chacune d’entre elles) « pourraient bientôt lui emboîter le pas, d’après les informations qui ont circulé ces dernières semaines.
Selon une source à l’Association des banques du Liban, les craintes des agences de notation n’ont pour l’instant pas eu d’impact sur l’attitude des banques correspondantes. « Ces dernières prennent en compte plusieurs critères – risque, rentabilité, etc. – pour décider si elles doivent poursuivre ou suspendre leur relations avec une entité donnée. S’il n’est pas impossible que certaines d’entre elles aient décidé de suspendre leur relation avec un établissement libanais en particulier – probablement de petite ou moyenne taille – il n’y a par contre aucun changement à signaler du côté des grandes banques correspondantes, ni du secteur bancaire libanais en général », expose la source précitée.Une interprétation partagée par l’ensemble des professionnels contactés.
P.H.B.

