L'Australie et la Chine, dont les relations sont tendues, se sont livrés vendredi à une bataille verbale après le placement en détention criminelle d'un écrivain dissident chinois naturalisé australien, Canberra regrettant la décision et Pékin déplorant cette remarque.
Yang Jun, dont le nom de plume est Yang Hengjun, est détenu en Chine depuis son interpellation en janvier, peu après un de ses rares passages dans son pays d'origine. La cheffe de la diplomatie australienne Marise Payne a indiqué avoir reçu confirmation de son placement en "détention criminelle" par les autorités chinoises.
Romancier et blogueur, partisan d'une démocratisation de la Chine, Yang Hengjun était jusqu'à présent placé sous une forme de résidence surveillée, soupçonné "d'activités criminelles portant atteinte à la sécurité nationale".
Mme Payne a indiqué que Canberra avait soulevé le cas de l'écrivain plusieurs fois auprès de Pékin et écrit à deux reprises au ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, pour lui demander une solution "juste et transparente" et l'accès de l'écrivain à son avocat. Mais "cela n'a pas eu lieu", selon elle. "S'il est détenu pour ses opinions politiques, alors il doit être libéré", a souligné Marise Payne.
Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a regretté ces propos lors d'un point de presse. "La Chine déplore la déclaration faite par la cheffe de la diplomatie australienne" Marise Payne, a-t-il fustigé vendredi. Pékin "exhorte la partie australienne à ne pas s'ingérer de quelque manière que ce soit dans le traitement judiciaire de cette affaire et à cesser de faire des remarques irresponsables", a dit M. Geng.
L'interpellation de l'écrivain est intervenue sur fond de tensions entre Pékin et certains pays occidentaux. Deux Canadiens ont ainsi déjà été arrêtés en décembre pour des accusations similaires.
L'Australie évite traditionnellement toute friction avec la Chine, son plus grand partenaire commercial. Mais les relations bilatérales se sont dégradées lorsque Canberra a annoncé en août que le géant chinois des télécoms Huawei serait exclu du déploiement du réseau 5G sur son sol, évoquant des risques pour la sécurité nationale.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine