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Étrangers arrêtés en Iran : des précédents depuis plus de 15 ans


AFP
16/07/2019

L'arrestation de l'universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah, confirmée mardi par l'Iran, est la dernière en date d'une série de détentions d'étrangers, en majorité binationaux, pour divers motifs. Elle intervient dans un contexte de vives tensions entre Téhéran et les pays occidentaux depuis que les Etats-Unis sont sortis unilatéralement en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

L'Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, n'accorde généralement pas d'accès consulaire aux détenus binationaux.


Français 

- Fariba Adelkhah a été arrêtée "récemment" en Iran, a annoncé mardi l'Autorité judiciaire à Téhéran. "Etant donné la nature de l'affaire (...) le moment n'est pas encore venu de donner des informations sur son cas". Lundi, le Quai d'Orsay a annoncé que Mme Adelkhah, éminente anthropologue associée à plusieurs réseaux scientifiques et spécialiste de l'islam chiite, était détenue en Iran. Selon son confrère et ami Jean-François Bayart, elle a été arrêtée le 5 juin, et est détenue à la prison d'Evin, dans le nord de Téhéran.

- La Française Nelly Erin, arrêtée en octobre 2018 pour "entrée illégale", est libérée en février 2019. Cette dirigeante d'entreprise avait été arrêtée sur l'île de Kish, dans le Golfe, qui jouit d'un statut de libre-échange. Paris a affirmé que Mme Nelly Erin, originaire de la Martinique, était détenue pour "signature de contrat illégal" et "séjour non autorisé".

- Clotilde Reiss, jeune lectrice française de l'université d'Ispahan, est arrêtée en juillet 2009 et accusée d'avoir participé à des manifestations antigouvernementales avant d'être condamnée pour espionnage. Elle sera libérée sous caution en mai 2010.

- En novembre 2005, l'Allemand Donald Klein et le Français Stéphane Lherbier sont arrêtés alors qu'ils faisaient une partie de pêche dans le Golfe. Ils sont condamnés à 18 mois de prison pour entrée illégale dans les eaux territoriales iraniennes et libérés début 2007.


Américains 

- Un ex-militaire, Michael R. White, est condamné en mars 2019 à deux ans de prison pour avoir insulté l'ayatollah Ali Khamenei, et à dix ans pour avoir diffusé des photos personnelles sur les réseaux sociaux, selon son avocat. Il avait été arrêté en juillet, alors qu'il rendait visite à sa petite amie, selon sa mère.

- Xiyue Wang, chercheur sino-américain à l'université de Princeton, arrêté en août 2016 et accusé d'"infiltration", est condamné en juillet 2017 à dix ans de prison.

- En octobre 2016, la presse américaine évoque la condamnation à 18 ans de prison de Gholamrez Reza Shahini. Cet Irano-américain déclare lui-même au Los Angeles Times depuis une prison iranienne avoir été condamné pour "collaboration avec un gouvernement étranger" après avoir été arrêté en juillet alors qu'il rendait visite à sa mère et à une partie de sa famille.

- Deux Irano-américains, l'homme d'affaires Siamak Namazi et son père Mohammad Bagher Namazi, sont condamnés en octobre 2016 à dix ans de prison pour "espionnage et collaboration avec le gouvernement américain".

Siamak Namazi a été arrêté en octobre 2015. Son père, Bagher, âgé de plus de 80 ans et qui avait travaillé pour l'Unicef, a été interpellé en février 2016 alors qu'il était venu pour tenter d'obtenir la libération de son fils.

- Le 16 janvier 2016, quatre Irano-américains, le journaliste Jason Rezaian, accusé d'espionnage, le pasteur Saïd Abedini, l'ex-marin Amir Hekmati et Nosratollah Khosravi, sont libérés dans le cadre d'une opération d'échange inédite avec les Etats-Unis qui relâchent sept détenus iraniens. Matthew Trevithick, étudiant, est également libéré, mais hors du cadre de cet échange. L'opération d'échange est intervenue au premier jour de l'application de l'accord nucléaire de 2015.

- En juillet 2009, un sociologue irano-américain, Kian Tajbaksh, est arrêté lors des troubles post-électoraux puis condamné à une peine de 15 ans de prison, réduite à cinq ans d'emprisonnement.

- L'ex-agent du FBI et collaborateur de la CIA, Robert Levinson, a disparu en mars 2007 en Iran, qui affirme n'avoir aucune information sur son sort.

Par ailleurs, plusieurs randonneurs américains ont été arrêtés, accusés d'espionnage par les autorités, puis relâchés.


Britanniques 

- En décembre 2018, l'universitaire irano-britannique, Abbas Edalat, détenu depuis avril et accusé d'appartenance à un "réseau d'infiltration", rentre au Royaume-Uni. Il avait été arrêté par les Gardiens de la Révolution qui avaient saisi son ordinateur, des CD et des carnets, selon une ONG.

- L'Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe est emprisonnée depuis 2016 pour sédition. Elle avait été arrêtée à l'aéroport de Téhéran alors qu'elle quittait l'Iran après avoir emmené sa petite fille de 22 mois rendre visite à sa famille. Employée de la Fondation Thomson Reuters, bras humanitaire de l'agence de presse canado-britannique du même nom, elle est accusée d'avoir cherché à renverser le régime et condamnée à cinq ans de prison, ce qu'elle dément.


Canadiens

- En février 2018, l'universitaire et écologiste irano-canadien Kavous Seyed Emami est décédé en prison, moins d'un mois après son arrestation, les autorités parlant d'un "suicide", affirmation mise en doute par sa famille et ses collègues. Il avait été accusé d'espionnage. Emami est le 2e Irano-canadien à mourir dans les prisons iraniennes après le décès en 2003 de la photojournaliste Zahra Kazemi, arrêtée alors qu'elle prenait des photos devant la prison d'Evine à Téhéran.

- En septembre 2016, une anthropologue irano-canadienne, Homa Hoodfar, emprisonnée en juin pour "délits sécuritaires", est libérée pour "raisons humanitaires", selon Téhéran.

- En septembre 2013, l'Irano-canadien Hamid Ghassemi-Shall, dont la condamnation à mort pour espionnage en 2009 avait été commuée en cinq ans de prison, est libéré. Il avait émigré au Canada après la Révolution islamique de 1979 et s'était rendu auprès en Iran de sa mère malade.

- Le blogueur canado-iranien Hossein Derakhshan est condamné en 2010 à 19 ans de prison pour "aide à un Etat ennemi" et "propagande contre le régime" après s'être rendu en Israël.

- En juin 2009, un journaliste irano-canadien, Maziar Bahari, est arrêté pour divulgation de "fausses informations" selon Téhéran. Il est libéré sous caution en octobre.


Néerlandais 

En août 2014, Abdullah al-Mansouri, militant néerlando-iranien des droits humains, est libéré 8 ans après son arrestation. Ce défenseur de la minorité arabophone en Iran avait été condamné à mort pour "terrorisme", peine finalement convertie en 15 ans de prison.


Slovaques 

- En mai 2013, l'Iran arrête 8 Slovaques, soupçonnés d'être des espions et d'avoir pris des photos de zones interdites dans la province d'Ispahan (centre). Six Slovaques sont libérés en septembre, les deux derniers en décembre.


Suédois 

- En mars 2006, deux Suédois, Stefan Johanssen et Jari Hjortmar, sont arrêtés pour avoir pris des photos d'installations militaires dans l'île de Qeshm (sud du Golfe). Condamnés à trois ans de prison, ils sont libérés un an plus tard.


Libanais 

- Le 11 juin 2019, Nizar Zakka, Libanais résidant aux Etats-Unis, arrêté en 2015 et condamné à 10 ans de prison pour "espionnage" au profit de Washington, est libéré. A son retour à Beyrouth, il dément les accusations qui pesaient contre lui.

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