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Soudan : un civil torturé et tué par des paramilitaires au Darfour

AFP
16/07/2019

Des paramilitaires soudanais des redoutées Forces de soutien rapide (RSF) ont torturé et tué un civil dans une ville du Darfour (ouest), une région ravagée par des années de guerre, a affirmé mardi un comité de médecins proche de la contestation.

"Mudathir Abdelrahman Hassan est décédé des suites de tortures infligées par des membres des milices Janjawids (RSF)" lundi dans la ville d'Al-Daen (bien Al-Daen), ont déclaré les médecins dans un communiqué publié sur Facebook.

Le mouvement de contestation lancé en décembre 2018 à la suite de la décision du gouvernement de tripler le prix du pain, considère les RSF comme une émanation des milices arabes Janjawids, accusées d'exactions lors du conflit au Darfour qui a fait près de 300.000 morts depuis 2003 selon l'ONU.

Deux témoins joints au téléphone par l'AFP ont déclaré qu'une unité de RSF avait arrêté cinq jeunes, les accusant d'avoir volé des téléphones portables sur leur base. Selon eux, ils ont emmené ces jeunes à l'extérieur de la ville et les ont torturés avant de les jeter dans la rue, où l'une des victimes serait décédée. Après l'enterrement de la victime lundi, les habitants de la ville se sont rendus vers la base des RSF et l'ont incendiée, ont déclaré les deux témoins. L'unité des RSF accusée d'avoir torturé les jeunes a été arrêtée par d'autres membres des RSF, selon ces témoins.

Ces trois derniers jours, six civils ont été tués "par balles, écrasés par une voiture et des suites de tortures, aux mains des milices Janjawids", selon le comité de médecins. Il n'a pas été possible de joindre un représentant des RSF dans l'immédiat.

Quatre personnes ont été tuées lundi lors d'un accident impliquant un véhicule conduit par des RSF. Un civil a été tué par balle dimanche dans la ville d'Al-Souki, dans l'Etat du Sennar (sud-est), après un rassemblement des habitants réclamant le départ de leur ville des RSF.

Lundi soir, des rassemblements spontanés ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Khartoum, après la mort de cet homme.

"Le poursuite de la barbarie et l'altération du quotidien des civils par les milices Janjawids (RSF), associées au fait que ces milices ne sont tenus par aucune loi ni éthique, prouvent que le Conseil militaire de transition protège ces milices", a déclaré mardi le comité de médecins.

L'Association des professionnels soudanais (SPA), mouvement important de la contestation, a imputé mardi la responsabilité de ces morts aux services de sécurité et au Conseil militaire au pouvoir depuis la destitution en avril de l'ex-président Omar el-Bachir.

"Nous tenons les services de sécurité pour responsables des personnes tuées à Al-Daen et à Al-Souki", a déclaré Ismail al-Taj, porte-parole du SPA, lors d'une conférence de presse à Khartoum. "Nous exigeons une enquête indépendante pour identifier les auteurs de ces crimes odieux contre les citoyens", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il incombe au Conseil militaire de protéger les citoyens lors des rassemblements.

Les manifestants et des ONG accusent les RSF d'être également à l'origine de l'évacuation meurtrière du sit-in installé dans le centre de Khartoum, le 3 juin. Cette opération avait fait au moins 136 morts parmi les manifestants, selon les médecins. Les autorités parlent de 71 morts.

Le chef des RSF, Mohamed Hamdan Daglo dit "Hemeidti", a nié toute responsabilité dans la dispersion du campement, dénonçant une tentative de déformer l'image des paramilitaires.

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