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Culture

Tindersticks au MusicHall : “Nous cherchons à créer un nouveau silence”

concert

Le groupe anglais, mené par la voix charismatique de son chanteur Stuart Staples, était en concert hier soir au MusicHall du bord de mer de Beyrouth. Un sans faute pour ces musiciens qui évoluent depuis plus de 25 ans sur la scène pop-rock indépendante.

16/07/2019

Pour leur deuxième concert au Liban, les musiciens de Tindersticks ont offert hier soir une prestation à la hauteur de leur renommée. Au MusicHall waterfront, dans une co-production Liban Jazz et Eléfteriadès, ils ont joué de nombreux morceaux issus de leurs onze précédents albums, pour le plus grand bonheur des fans : “Nous avons composé un set de chansons qui englobe nos compositions de ces vingt-cinq dernières années”, révélait Stuart Staples à l’Orient-Le-Jour avant le concert. Mais le public a aussi pu découvrir plusieurs compositions encore jamais entendues et qui figureront dans leur nouvel album, dont la sortie est prévue en novembre prochain : “Nous sommes en plein enregistrement, et c’est toujours bon de jouer des morceaux en live : ça améliore le processus créatif”, annonce le chanteur de 53 ans. Pendant presque une heure et demi, les ballades lancinantes portées par l'épaisse voix de bronze de Stuart Staples ont pris les spectateurs, créant comme un halo euphonique sous la pleine lune qui trônait dans le ciel de Beyrouth.

La musique de Tinderstick revêt une fausse simplicité : alors qu’elle parle directement à l’oreille, qu’elle se laisse facilement appréhender, elle regorge de subtiles progressions et d’étrangetés dissimulées; de là ce caractère si unique qu’elle dégage. Les textes, très poétiques (parfois plus parlés que chantés), participent de cet effet : “Je suis un peu dyslexique :  je n’ai jamais pu me considérer comme écrivain, mais plutôt comme un chanteur de mots. Mais j’ai plus écrit ces dernières années, et il est vrai que certaines de mes chansons entretiennent un lien avec une forme d’écriture poétique en prose. Cela dit, des gens comme Léonard Cohen ou Nick Cave, à qui l’on me compare parfois, ont une plus grande connexion avec les mots. Moi je suis plus visuel”. Cette dimension visuelle de la musique de Tindersticks (ils ont composé la bande-son originale de six films de la réalisatrice française Claire Denis) était d’ailleurs particulièrement bien rendue hier par l’éclairage scénique, tant et si bien que lors de leur dernière chanson, une projection vidéo a fait son apparition derrière les musiciens. On gardera de ce concert un beau moment de douceur mélancolique, et dont l’intensité fut  sublimée avec brio par ce sublime théâtre à ciel ouvert qu’est le MusicHall Waterfront.

De l’élégant rock indé à l'anglaise
Depuis sa formation en 1992, Tindersticks s'est bâti une solide réputation d'incontournable sur la scène pop-rock internationale. Avec onze albums à son actif et des tournées à l'international depuis plus de vingt ans, le groupe est aujourd'hui reconnu comme un must du rock indé, ou indie rock, comme on qualifie parfois ce genre de musique qui cherche à s'éloigner des tendances grégaires de la musique commerciale. Le premier single "Patchwork", sorti en 1992 sur le label indépendant du groupe (Tippy Toe), préfigurait déjà cette élégante tonalité mélancolique qui sera la signature des compositions de Stuart Staples (chant) et David Boutler (clavier et percussion), avant qu'ils soient rejoints par Neil Fraser et sa guitare électrique. Dès la sortie de son premier album en 1993, sobrement intitulé Tindersticks, le groupe se fait remarquer en étant élu "Meilleur album de l'année" par le magazine Melody Maker, une revue qui aura joué un rôle notable dans la critique musicale anglaise de 1925 à 2000. À l'époque, la formation Tindersticks compte en plus de ce trio, un violoniste (Dickon Hinchliffe), un bassiste (Mark Colwill) et un batteur (Alastair Macaulay). Régulièrement accompagné par divers musiciens sur scène, le trio Staples-Boutler-Fraser s'est agrandi depuis 2010 en accueillant Dan McKinna et Earl Harvin, qui étaient sur scène hier soir. “Quand ces deux musiciens sont arrivés, tout a changé : on a commencé à construire une nouvelle dynamique. Tout ce qu’on a fait ces dix dernières années avec eux a été plus excitant encore que ce qu’on a fait pendant les dix premières”, s’enthousiasme Stuart Staples.

Dès 1995, Tindersticks est repéré par Claire Denis lors d'un concert au Bataclan à Paris. Suite à la demande de la réalisatrice française, le groupe écrira la bande-son de plusieurs de ses films, dont Nénette et Boni (1996), Trouble Every Day (2001), 35 rhumes (2008), White Materials (2010), Les salauds (2013) et High Life (2018). Pour ce dernier film, ils écrivent entre autre la superbe chanson Willow, interprétée par Robert Pattinson, et que Stuart Staples a chanté hier soir au MusicHall.


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