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Liban

Foucher appelle au respect de la politique de distanciation

Célébration du 14 Juillet
OLJ
16/07/2019

C’est, comme à l’accoutumée, dans le cadre enchanteur de la Résidence des Pins que l’ambassadeur de France Bruno Foucher a offert dimanche soir une grande réception à l’occasion du 14 Juillet. Les membres de la communauté française et une foule de personnalités de différents horizons se sont associés à cette traditionnelle célébration de la fête nationale française. Le président Michel Aoun était représenté par le ministre Salim Jreissati, le président de la Chambre Nabih Berry par M. Mahmoud Berry et le Premier ministre Saad Hariri par le ministre Adel Afiouni. On notait également la présence, notamment, des anciens présidents Amine Gemayel, Michel Sleiman et Hussein Husseini, et de nombreux députés et ministres.

L’ambassadeur Foucher a prononcé à cette occasion une allocution dans laquelle il a commencé par évoquer la conjoncture internationale, relevant notamment que « les valeurs d’ouverture et d’accueil, qui sont en principe l’apanage des démocraties, se heurtent à la tentation croissante du repli sur soi ». « Ces valeurs, a-t-il précisé, sont dénigrées par les populistes de tous bords, qui voudraient convaincre les peuples que l’on peut défendre ses intérêts sans tenir compte de ceux des autres. La paix et la stabilité internationales sont constamment menacées. Le Moyen-Orient le sait bien, lui qui a connu, et qui connaît encore, tant de conflits. Seul un retour au dialogue et la retenue pourront empêcher un engrenage fatal. C’est dans cette optique que le président Macron accueillera, à l’automne, à Paris, le 2e forum pour la paix, afin de réfléchir ensemble, et avec la société civile, à des solutions concrètes pour que nous puissions tous continuer à vivre ensemble. »

Abordant ensuite la situation sur la scène libanaise, M. Foucher a déclaré : « Dans ce contexte difficile, le Liban est parvenu à maintenir son unité, sa stabilité et son ouverture au monde. Ce n’est pas rien. Seul le respect de la politique de dissociation permet au Liban de rester à l’écart des conflits, notamment de celui qui fait rage depuis plus de 8 ans dans la Syrie voisine. Sur le plan sécuritaire, les forces armées et de sécurité intérieure libanaises – dont je salue la mobilisation de tous les instants – ont su, depuis quelques années, préserver le pays des violences extérieures et de la menace terroriste. »


(Lire aussi : « Pas d’assistance internationale au Liban sans réformes profondes », rappelle Foucher)

Les réfugiés syriens et les risques du retour

Concernant le dossier des réfugiés syriens, M. Foucher a rappelé que « le Liban a accueilli, avec une grande générosité et un soutien international marqué, de très nombreux réfugiés syriens ayant fui la guerre et les violences ». « La plupart de ces réfugiés souhaitent rentrer chez eux, a affirmé l’ambassadeur français. Il ne faut pas les en dissuader. Une grande majorité n’envisage toutefois pas ce retour à court terme. Pourquoi ? Parce qu’ils craignent tout simplement que leur sécurité ne soit pas garantie en Syrie. »

Et d’ajouter : « La France, comme les autres pays soutenant le Liban pour faire face à cette crise, souhaite aussi que les réfugiés syriens puissent rentrer dans leur pays. Mais nous pensons que la clef de ces retours se trouve à Damas. Or Damas n’a pas démontré, au cours de l’année écoulée, de réelle volonté de faciliter ce mouvement. Il a refusé de mettre en place des mesures de confiance minimales. Je ne vous cache pas mon inquiétude – qui est aussi celle de la communauté internationale – face aux discours de haine et de rejet qui se développent à l’encontre des réfugiés. L’on n’a jamais résolu de problème, si sensible soit-il, en attisant la violence et les clivages. Le Liban s’honore lorsqu’il incarne l’ouverture. La communauté internationale restera à ses côtés, autant que nécessaire, pour l’aider à continuer à faire face à cette situation qui ne doit pas s’éterniser. »

En ce qui concerne la crise économique qui touche le Liban, M. Foucher a exhorté le pouvoir à mettre en application les réformes requises, soulignant que celles-ci « sont l’unique voie à emprunter pour que le Liban se tourne résolument vers le futur, le développement, la modernité et l’efficacité ». « Réunis à Paris en avril dernier dans le cadre de la CEDRE, les partenaires du Liban, en particulier la France, ont exprimé, de la manière la plus forte qui soit, le soutien qu’ils étaient prêts à accorder au Liban pour l’accompagner dans la voie des réformes. L’approche de la CEDRE est celle du partenariat entre le Liban et la communauté internationale. Un partenariat bienveillant. Mais aussi un partenariat exigeant. Pour être mis en œuvre, il importe que la plus grande confiance règne entre les deux parties. Or cette confiance ne peut se nourrir que d’actes résolus et de mesures concrètes. La situation économique actuelle, difficile, requiert une action déterminée du Liban pour s’attaquer sans attendre aux maux anciens et profonds dont souffre son économie. Les accommodements et les demi-mesures ne sont plus de mise », a également affirmé M. Foucher.


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