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Liban

Kataëb et FL s’écharpent autour du compromis présidentiel

Partis
OLJ
11/07/2019

Une nouvelle polémique interpartisane a éclaté hier, cette fois entre le parti Kataëb et les Forces libanaises, au sujet de l’adhésion des FL au compromis présidentiel et ses résultats.

Dans un entretien accordé hier au quotidien al-Joumhouriya, le chef du parti Kataëb, le député Samy Gemayel, a réitéré ses critiques vis-à-vis du compromis présidentiel de 2016, estimant qu’il avait abouti à « une mainmise totale de (l’axe syro-iranien) sur l’ensemble du pays » et avait « modifié les rapports de force au sein de chaque communauté afin de semer la discorde entre toutes les composantes, à la faveur des loyalistes du camp de la moumanaa ».

« L’objectif de la dernière loi électorale était précisément de trouver des substituts au sein des communautés sunnite et druze à Saad Hariri et Walid Joumblatt, et c’est ce qui s’est produit, que ce soit à travers la formation d’un bloc sunnite ou le fait d’imposer à Joumblatt un ministre loyal à la ligne de conduite syrienne », a poursuivi M. Gemayel, précisant qu’il était en accord sur le principe en faveur de la diversité politique sur le plan de la représentation au sein de chaque communauté, mais que le jeu actuel est tronqué par la mainmise politique sur le pays, qui prend pour cible les représentants de la ligne politique souverainiste. « Il n’y a pas de démocratie réelle à l’ombre des armes », a-t-il souligné.

Mais le passage qui a déclenché la polémique avec les FL est celui dans lequel le chef du parti Kataëb affirme qu’en dépit du fait que les objectifs qu’ils s’étaient fixés afin de participer au gouvernement n’ont pas été respectés et atteints, Saad Hariri, Samir Geagea et Walid Joumblatt ayant finalement accepté d’y prendre part. Interrogé spécifiquement sur le fait de savoir pourquoi M. Geagea avait intégré le gouvernement, même si ses revendications n’ont pas été satisfaites, M. Gemayel a répondu : « Il ne veut pas rester hors du pouvoir. La réalité, c’est qu’il y a une partie qui contrôle les centres vitaux du pouvoir et qui impose l’équation présidentielle suivante : “Mon candidat ou personne” (…) MM. Geagea et Hariri ont cédé face à ce chantage en arguant de la paralysie du pays. Mon conflit avec eux est le suivant : je ne suis pas résigné, alors qu’eux le sont. Je ne suis pas soumis, alors qu’eux le sont. »

L’analyse de Samy Gemayel a déclenché une riposte virulente de la part des FL, qui ont accusé dans un communiqué le chef du parti Kataëb d’avoir « focalisé ses attaques sans raison » sur leur formation depuis son arrivée à Saïfi. « Une hostilité » qui s’explique par le fait que « M. Gemayel considère que ce sont les FL qui ont volé son statut de leader », note le communiqué. Les FL ont également rappelé que les Kataëb avaient intégré le cabinet Salam lors de la vacance présidentielle, alors que Meerab avait préféré rester dans l’opposition. « En dépit de cela, la position de M. Gemayel vis-à-vis des FL est restée la même, tandis que nous n’avons jamais prétendu qu’il avait trahi la cause parce qu’il avait pris part à un gouvernement avec le Hezbollah et le 8 Mars. » Le communiqué FL estime que M. Gemayel a tenté à plusieurs reprises, après la formation du cabinet Hariri, d’intégrer le gouvernement, sans succès, « se heurtant au refus du président de la République et du Premier ministre ». Les FL ont enfin rejeté l’accusation selon laquelle elles s’étaient résignées au fait accompli, accusant à leur tour M. Gemayel de « ne rien faire contre les armes illégales », à part se « contenter de bravades à travers quelques déclarations ».

Le parti Kataëb a répondu en soirée par un communiqué dans lequel il énumère les raisons pour lesquelles il estime que les FL se sont effectivement soumises au fait accompli, tandis que Saïfi ne l’a pas fait. Le parti a réitéré que la cible de M. Gemayel dans ses attaques est le compromis présidentiel, « qui était accompagné de promesses, d’ambitions et de partage du gâteau, et dont rien n’a été réalisé, les FL recevant coup après coup de la part de leur partenaire qu’elles ont porté au pouvoir ». « Le problème n’est pas d’intégrer ou non le gouvernement, mais d’entrer dans un gouvernement au sein duquel le Hezbollah impose des conditions dans la mise en place de la politique, en dépit du refus des autres composantes au sein du cabinet », conclut le communiqué.

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Pierre Hadjigeorgiou

Les Kataeb feraient mieux de s'en prendre a Aoun et non pas aux FL car il est celui qui ne respecte rien.

Yves Prevost

"Il n’y a pas de démocratie réelle à l’ombre des armes".
Vérité de La Palisse que l'on s'attendrait (en vain, malheureusement!) à entendre dans la bouche de tous les princes qui nous gouvernent.

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