Theresa May. REUTERS/Peter Nicholls
La Première ministre britannique Theresa May a déclaré mercredi avoir "directement" fait part de "ses inquiétudes aux autorités chinoises" au sujet de Hong Kong, où de grandes manifestations se déroulent depuis juin.
"J'ai fait part directement de mes inquiétudes aux autorités chinoises", a-t-elle dit au parlement britannique lors de la séance hebdomadaire de questions au Premier ministre. Le sujet a été abordé en juin lors "d'une réunion avec le vice-Premier ministre" chinois en visite à Londres, a précisé par la suite un porte-parole de Theresa May.
Mercredi, la Première ministre a aussi déclaré aux députés avoir été "choquée par les scènes à Hong Kong lundi et l'usage de la violence au parlement local". "La vaste majorité des centaines de milliers de personnes qui ont défilé l'ont fait de manière pacifique et légale", a-t-elle souligné.
Une bonne partie des sept millions d'habitants de Hong Kong protestent contre un projet de loi controversé autorisant les extraditions vers la Chine continentale. Ce projet de loi sur les extraditions a été suspendu mais la colère s'est étendue à la dénonciation du gouvernement hongkongais dans son ensemble, accusé de laisser Pékin rogner les libertés.
La crise a franchi un nouveau palier lundi, avec l'irruption de manifestants dans le parlement local, qu'ils ont saccagé avant l'intervention de la police hongkongaise.
"Il est vital que le haut degré d'autonomie de Hong Kong et les droits et les libertés instaurés par la déclaration commune sino-britannique soient respectés", a jugé Theresa May.
Boris Johnson, favori pour la remplacer comme chef du gouvernement le 23 juillet, a de son côté affirmé qu'il "se ferait un plaisir de parler au nom (des manifestants hongkongais) et de les soutenir à chaque étape".
"Je tiens à souligner à nos amis à Pékin que l'approche +Un pays, deux systèmes+ a marché, marche et ne doit pas être mise de côté", a-t-il poursuivi, alors qu'il faisait campagne à l'ouest de Londres, dans la ville de Reading.
La Chine avait annoncé auparavant avoir protesté officiellement après des propos du ministre britannique des Affaires étrangères, qui a menacé la veille Pékin de "graves conséquences" en cas de non respect de l'accord de rétrocession de Hong Kong, conclu en 1984.
Hong Kong est une ancienne colonie britannique retournée dans le giron chinois en 1997, qui jouit d'une semi-autonomie et de libertés très étendues n'existant pas en Chine continentale et ce, en théorie, jusqu'en 2047, en vertu de la déclaration commune sino-britannique et du principe "Un pays, deux systèmes".
Pour Pékin, Londres "semble être encore plongé dans les fantasmes des anciens colons britanniques", a dénoncé lors d'un point presse Geng Shuang, un porte-parole de la diplomatie chinoise, soulignant que "le Royaume-Uni n'a plus la moindre souveraineté" sur le territoire semi-autonome.

