Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a jugé « injustifiable sous quelque prétexte que ce soit, fût-ce l’immunité, l’attaque verbale et l’atteinte » portée à la procureure générale du Mont-Liban, Ghada Aoun, mercredi, au Palais de justice de Baabda, et a condamné dans les termes les plus fermes cet incident.
« Il y a des voies de recours légales pour les désaccords », a rappelé le communiqué, qui révèle que le CSM a demandé au barreau de Beyrouth de « prendre ses dispositions pour que l’incident ne se reproduise plus », et que l’ordre des avocats « à (sa) connaissance s’est saisi de l’incident sur-le-champ ».
Le procureur général près la Cour de cassation va établir un rapport sur l’incident, précise le communiqué.
Dans les faits, on rappelle que Mme Aoun avait demandé l’interpellation par les services de sécurité du palais de deux avocats, Hyam Dandache et Moussa Aouta, qui avaient refusé de quitter son bureau et proféré des menaces, lorsqu’elle avait refusé de céder à leur recours en vue de relâcher l’un de leurs clients, détenu dans une affaire de falsification d’un rapport médical avec la complicité d’un médecin-légiste. La falsification avait permis la remise en liberté d’un dangereux narcotrafiquant, Mahdi Masri. Le premier juge d’instruction du Mont-Liban, Nizar Mansour, a, depuis, décidé de relaxer les deux avocats interpellés, sous caution d’élection de domicile, dans une volonté de contenir l’affaire.

