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Egypte: coup de filet contre des entreprises accusées d'être liées aux Frères musulmans

AFP
25/06/2019

Le ministère égyptien de l'Intérieur a annoncé mardi un coup de filet contre 19 entreprises accusées d'appartenir à la confrérie des Frères musulmans, considérée comme "organisation terroriste", et de financer un "complot contre l'Etat et ses institutions".

Depuis la destitution en 2013 par l'armée de l'ex-président islamiste Mohamed Morsi à la faveur de manifestations populaires massives, les Frères musulmans sont interdits et sévèrement réprimés en Egypte.

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur dit avoir mené un coup de filet contre des entreprises qui visaient à "financer des mouvements contre l'Etat et perpétrer des actes de violence et des émeutes".

Le volume des transactions financières des 19 "entreprises et structures financières ciblées" s'élève à 250 millions de livres égyptiennes (13 millions d'euros), et les entreprises étaient coupables de "flux financiers illégaux en provenance de l'étranger".

Le communiqué ne précise pas les entreprises ciblées mais indique qu'elles sont liées à la confrérie des Frères musulmans.

Au moins huit "personnes impliquées" ont été arrêtées, dont un ancien député et opposant politique, Ziad el-Elaimi, a-t-il précisé.

Le Parti de la liberté et de la justice, bras politique des Frères musulmans, a dénoncé sur son site une "campagne d'arrestations enragée, lancée par les gangs militaires putschistes".

L'annonce de cette opération des services de sécurité intervient une semaine après la mort en plein audience de M. Morsi, détenu depuis près de six ans et maintenu à l'isolement. Les circonstances de son décès avaient fait craindre une mobilisation de ses partisans.

Ce coup de filet s'est également produit à cinq jours des commémorations de la "révolution du 30 juin" 2013, marquant le soulèvement qui avait chassé l'ex-président.

Sous le régime de l'actuel président Abdel Fattah al-Sissi qui avait organisé la destitution de M. Morsi en 2013, plusieurs journalistes et opposants ont été arrêtés.

Amnesty International a qualifié les arrestations de "glaçantes", dénonçant une "persécution systématique et une brutale répression contre quiconque osant critiquer" les autorités.

"Cette répression ne laisse aucun doute sur la vision des autorités pour la vie politique en Egypte: une prison à ciel ouvert, avec zéro opposition, critique, ou enquête indépendante autorisée", a déclaré dans un communiqué Magdalena Mughrabi, directrice adjointe du bureau Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

Les organisations de défense des droits humains accusent régulièrement l'Egypte de s'en prendre à toute forme de dissidence. L'Egypte dément pour sa part toute allégation de violation de droits humains, évoquant "la lutte antiterroriste".

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