Le leader druze libanais Talal Arslane. Photo d'archives ANI
Le député Talal Arslane, leader libanais druze proche du régime syrien, a remercié mardi le président syrien, Bachar el-Assad, après que la Syrie lui a remis deux agents libanais de la Sécurité de l’État qui avaient été arrêtés par les autorités syriennes, provoquant des critiques parmi ses détracteurs.
Lors d'une conférence de presse qu'il a tenue à son domicile à Khaldé, au sud de Beyrouth, Talal Arslane a remercié le président syrien, Bachar el-Assad, et son homologue libanais, Michel Aoun, pour la libération des deux agents libanais, arrêtés le 16 juin après avoir franchi par mégarde la frontière entre le Liban et la Syrie, dans la Békaa-Ouest."Ni nous, ni les autorités syriennes, n'accepterons que les druzes paient le prix de la surenchère et de l'instrumentalisation des jeunes et des moins jeunes de la communauté", a martelé M. Arslane. "Le président syrien a toujours été attaché à la dignité des druzes, loin des méandres de la politique", a affirmé le député libanais.
La libération jeudi par les autorités syriennes de ces deux agents a suscité des critiques hier dans les milieux politiques antisyriens au Liban, Damas ayant décidé de remettre ces deux personnes à l’un de ses alliés, Talal Arslane, et non à l’État libanais. Talal Arslane s'était déjà défendu il y a quatre jours d'avoir porté atteinte à l'autorité de l'Etat.
Par ailleurs, M. Arslane a abordé la question des plus d'un million de réfugiés syriens présents au Liban, et dont les modalités du retour chez eux divisent la classe politique libanaise.
"Le problème se trouve au Liban et non en Syrie. (...) La Syrie a ouvert grand ses portes, et sans conditions" pour le retour des réfugiés, a affirmé le leader druze. "Si la communauté internationale est sincère dans son attachement au retour des déplacés syriens, elle doit les soutenir dans leur pays, leurs villages, chez eux. C'est ce à quoi œuvre le ministre d’État pour les Affaires des réfugiés, Saleh Gharib, qui essaie d'arrondir les angles", a souligné M. Arslane.
Plus d'un million de réfugiés syriens ayant fui la guerre dans leur pays sont installés au Liban. Les autorités libanaises estiment qu'il s'agit d'un trop lourd fardeau à porter et une partie des responsables appellent à leur rapatriement sans attendre une solution politique en Syrie, alors que la communauté internationale estime qu'il est encore trop tôt pour organiser des opérations de retours.
Sur un autre plan, le député druze a évoqué le dossier des carrières dans la région de Aïn Dara, au moment où des habitants de ce village du caza d'Aley s'opposent au projet de mégacimenterie de Pierre Fattouche, un proche du Hezbollah et du régime syrien tout comme Talal Arslane.
"Ce n'est pas en bloquant des routes que l'on détermine qui a le droit ou non d'exploiter des carrières dans la région", a estimé M. Arslane, dans une critique aux habitants qui s'opposent au projet de M. Fattouch.
La semaine dernière pourtant, des partisans du Parti démocratique libanais (PDL, dirigé par Talal Arslane) avaient bloqué la circulation sur la route internationale vers la Syrie, au niveau de la localité de Sofar dans le caza de Aley, afin de protester contre le maintien en détention de trois des leurs, suite à un incident les ayant opposés à des habitants de Aïn Dara.
"Nous respectons tous la loi, et c'est l'Etat qui détermine qui remplit ou non les conditions (pour l'exploitation des carrières)", a affirmé M. Arslane, en arguant que l'exploitation des carrières assure des emplois à des milliers de personnes.


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