Nos Lecteurs ont la Parole

Au lieu d’un seul père, j’en ai trois

par Melhem Maroun Karam
OLJ
25/06/2019

À l’occasion de la fête des Pères, on devrait quotidiennement se rappeler que, tout comme les mères, les pères se sacrifient aussi. Il suffit de retenir l’insistance du Bon Dieu, dans ses dix commandements, sur le bon traitement que les enfants doivent à leurs père et mère.

En Orient, tout comme en Occident (même si c’est à des degrés moindres), le père est le chef de famille : il se doit de nourrir sa femme et ses enfants, de bien les éduquer, de les former soigneusement, conjointement avec leur mère, pour en faire des éléments exemplaires et bénéfiques dans la société.

J’ai eu la chance, quant à moi, d’avoir trois pères : le premier, Maroun, est celui avec lequel je tiens le lien biologique et naturel, malheureusement décédé il y a bien longtemps. Le deuxième est celui qui, au fil des années, a pris la relève de la responsabilité, délicate et pénible, de l’éducation. Il s’agit de mon oncle Milad (pharmacien résidant actuellement en France). Le troisième, je ne l’ai connu, malheureusement, que depuis quelques années, mais il m’a prouvé, ainsi qu’à des centaines d’autres avocats, qu’il est un père exemplaire, apportant son soutien, de tout cœur, à ceux ou celles qui le lui demandent. C’est de l’ex-bâtonnier des avocats, Georges Jreij, que je parle.

Mon premier père, Maroun, a été en Afrique pour plusieurs années où il a travaillé pendant un quart de siècle dans le commerce pour venir finalement se stabiliser au Liban, son pays natal qu’il a tant aimé, et y a vécu une vie paisible digne de lui et de son honneur. Malheureusement, il est décédé il y a bien longtemps, après avoir enduré d’une injustice des plus cruelles : les immeubles qu’il avait achetés ne lui ont rapporté pendant trente années consécutives que des revenus symboliques en raison de la dévaluation de la monnaie et de l’injuste loi sur les loyers qui a régi la relation propriétaire- locataire pendant plusieurs années, sans le moindre amendement ou ajustement.

Mon deuxième père, mon oncle Milad Karam, pharmacien, résidant actuellement à Paris, a été obligé, dans les années 90, de fuir le pays, avec sa femme et ses deux enfants, à cause d’une guerre atroce et interminable qui a déjà débuté dans les année 70 et qui a mené le pays vers un avenir inconnu et à tout le moins dangereux. C’est un oncle qui a pris la relève, auprès de ma mère, pour notre éducation, avec toutes les charges et toutes les responsabilités, pénibles et durables, de l’éducation.

Mon troisième père est connu pour son amabilité et sa modestie qui ont fait de lui le bâtonnier de l’ordre des avocats de Beyrouth. Dévoué au service des droits de l’homme, il m’a prouvé, à une certaine période de ma vie, qu’il est là pour soutenir les confrères et les consœurs, en donnant le bon exemple aux autres, et surtout aux bâtonniers, pour tout ce qui touche au rôle du bâtonnier et à celui de l’ordre des avocats.

Melhem Maroun Karam

Avocat à la Cour

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