Philippe Zdar (d), membre du duo Cassius et pionnier de la French Touch, est mort accidentellement mercredi soir. Photo AFP / FRANCK FIFE
"Il a fait une chute accidentelle, par la fenêtre d'un étage élevé d'un immeuble parisien", a déclaré Sébastien Farran, sans plus de précision. Une enquête a été ouverte sur les circonstances de sa mort, confiée au commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris, a indiqué à l'AFP une source policière.
Philippe Zdar (Cerboneschi de son vrai nom), 52 ans, formait le duo Cassius depuis 1996 avec Hubert Blanc-Francard. Un duo devenu incontournable sur la scène électronique dès la parution de son premier album "1999", sorti la même année et qui mêlait hip hop, house et funk.
Le nouvel album de Cassius, "Dreems", doit sortir vendredi. Le duo devait en outre participer vendredi soir à un concert organisé par France Inter à l'Olympia à Paris, pour la Fête de la musique.
Même ceux qui ne connaissaient pas son nom et n'étaient pas fans d'électro ont sans doute un jour entendu sans le savoir un morceau dû à Zdar. Car au-delà de sa participation à Cassius, il a collaboré avec un grand nombre d'artistes français et internationaux, comme les Beastie Boys, Phoenix, The Rapture, Cat Power, M ou encore Franz Ferdinand. Zdar, qui avait un studio d'enregistrement à Paris, était en effet un ingénieur du son et un producteur réputés. Les producteurs sont des hommes de l'ombre qui comptent pour beaucoup dans la réussite artistique d'un album: le rôle de ces "metteurs en sons" est de définir l'identité sonore d'un disque. Zdar avait notamment travaillé sur l'album "Wolfgang Amadeus Phoenix" du groupe Phoenix, acclamé par la critique mondiale et dont on vient de fêter les dix ans de la sortie.
Sur les réseaux sociaux, des réactions du monde entier ont salué la mémoire du musicien français jeudi matin. Ses proches, dont l'actrice Aure Atika, son ex-compagne et mère de sa fille Angelica, ses amis le producteur Pedro Winter et le chanteur Sinclair, frère de Hubert Blanc-Francard, l'autre moitié de Cassius, ont posté sur Instagram un fond noir en signe de deuil. L'acteur Gilles Lellouche a fait de même.
Électrochoc générationnel
"Philippe Zdar incarnait ce qu'il y a de mieux dans la musique d'aujourd'hui, une imagination iconoclaste en même temps qu'une exigence sonore implacable. La famille de la musique a perdu un de ses très grands fils", a réagi auprès de l'AFP Jean-Michel Jarre, pionnier des pionniers de la musique électronique.
"Terrible nouvelle à propos de Philippe Zdar, un homme charmant qui laisse un héritage incroyable", a twitté le musicien électro écossais Calvin Harris, 35 ans, qui dit avoir été "hypnotisé" par le disque "1999" à 15 ans.
La mort de Zdar a en effet une dimension générationnelle: avec lui, c'est une partie des années 90/2000 qui s'en va. "Les souvenirs des soirées au Rex Club (haut lieu de l'électro à Paris, NDLR) resteront gravés dans ma mémoire", a ainsi twitté l'ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, 41 ans.
En 1996, Zdar avait cosigné un des albums mythiques de la house française, "Pansoul", au sein du duo Motorbass qu'il avait formé avec Étienne de Crécy, lui aussi devenu ensuite un pilier de la French Touch. Ce terme désigne un courant de l'électro né en France au début des années 90 et qui a conquis le monde grâce à des artistes comme Daft Punk, Air ou Cassius, majoritairement issus de la région parisienne.
Zdar et Hubert "Boom Bass" Blanc-Francard s'étaient rencontrés à la fin des années 80 par l'intermédiaire du père de ce dernier, Dominique Blanc-Francard, producteur réputé pour lequel Zdar travaillait. Ensemble, ils ont d'abord collaboré aux premiers albums du rappeur français MC Solaar. Après "1999", Cassius avait sorti trois autres albums: "Au rêve" en 2002 (avec le hit "The sound of violence"), "15 Again", qui marqua un virage rock en 2006 avec le tube "Toop Toop", et "Ibifornia" en 2016.
La mort de Zdar rappelle celle d'un autre grand nom de l'électro française: DJ Mehdi, décédé en 2011 à 34 ans après une chute accidentelle à son domicile parisien.


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