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Économie

Pékin dit ne pas craindre une escalade après les propos de Trump

Guerre commerciale
OLJ
12/06/2019

Donald Trump a défendu hier le recours aux droits de douane dans sa stratégie commerciale tandis que la Chine promettait une réponse forte en cas de nouvelle escalade dans les relations entre les deux superpuissances.

« Les tarifs (douaniers) sont un super outil de négociation », a tweeté le président américain, après avoir réitéré la veille sa menace de taxer de nouveaux produits chinois si aucun accord n’est conclu au sommet du G20 fin juin au Japon. Depuis les dernières discussions qui ont échoué le mois dernier à Washington, le président américain a indiqué à plusieurs reprises qu’il s’attendait à rencontrer son homologue chinois Xi Jinping en marge du sommet des 28 et 29 juin à Osaka, mais Pékin n’a pas confirmé pour l’instant une telle rencontre.

Lors d’un point de presse hier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, s’est de nouveau refusé à confirmer une rencontre bilatérale, ajoutant que l’information serait dévoilée dès que son ministère en serait informé. « La Chine ne veut pas d’une guerre commerciale, mais ne craint pas une guerre commerciale », a-t-il déclaré. Pékin est ouvert à des négociations sur une base équitable, a-t-il ajouté, mais « si les États-Unis ne veulent qu’une escalade des tensions commerciales, nous répondrons avec détermination et nous nous battrons jusqu’au bout ».

Donald Trump avait indiqué la semaine dernière qu’il déciderait après le sommet du G20 de mettre à exécution ou non sa menace de taxer 300 milliards de dollars d’importations supplémentaires en provenance de Chine. Le chef de la Maison-Blanche avait aussi menacé de frapper les importations du Mexique, autre grand partenaire commercial des États-Unis, pour obtenir de celui-ci qu’il s’engage à prendre des « mesures fortes » contre l’immigration clandestine.

« On a bêtement perdu 30 % de notre industrie automobile, partie au Mexique. Si les tarifs avaient été plus élevés, ils (les constructeurs) seraient tous revenus. Mais je suis très content de l’accord que j’ai conclu », a tweeté Trump hier. « La Chine fait pareil, sauf qu’elle dévalue sa monnaie et subventionne les entreprises pour amoindrir l’effet des droits de 25 %. À ce stade, peu d’impact pour le consommateur, et les entreprises vont se relocaliser aux États-Unis. »

Pas d’accord définitif

Les tensions entre Washington et Pékin sont montées d’un cran le mois dernier lorsque les États-Unis ont accusé la Chine d’avoir fait marche arrière dans les discussions commerciales en cours depuis plusieurs mois. Le 10 mai, Washington a porté à 25 % les droits de douane sur l’équivalent de 200 milliards de dollars de produits en provenance de la Chine et a menacé d’étendre les tarifs douaniers à 300 milliards de dollars supplémentaires d’importations. Pékin a répliqué en relevant les droits de douane sur une liste révisée de 60 milliards de dollars de produits américains.

Le secrétaire au Commerce Wilbur Ross a relativisé hier la portée du sommet de la fin du mois, affirmant que ce ne serait pas « un endroit où quiconque scelle un accord ». « Au G20, ce sera tout au plus (...) une sorte d’accord sur une feuille de route, mais certainement pas un accord définitif », a-t-il dit dans une interview à la chaîne CNBC.

Le conflit commercial s’est aussi étendu sur le terrain de la technologie, les États-Unis ayant mis le groupe chinois Huawei sur une liste noire qui l’empêche de faire affaire avec des entreprises américaines. Les investisseurs redoutent que la Chine ne riposte en plaçant à son tour des firmes américaines sur liste noire ou en limitant les exportations de terres rares vers les États-Unis.

Le China Securities Journal, une publication financière contrôlée par l’agence Chine nouvelle, a rapporté hier que les autorités chinoises ont lancé lundi un recensement des ressources de terres rares dans neuf provinces du pays, sans en préciser la finalité. Entre 2014 et 2017, les États-Unis ont obtenu de la Chine 80 % de leurs approvisionnements de ces métaux employés dans l’électronique grand public et les matériels militaires.

Source : Reuters

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