Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. REUTERS/Muhammad Hamed
L'instrument imaginé par les Européens pour continuer à commercer avec l'Iran en dépit du rétablissement des sanctions américaines devrait bientôt être opérationnel, a déclaré lundi le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, au lendemain de son arrivée à Téhéran pour un entretien avec le président Hassan Rohani.
L'instrument appelé Instex a été conçu par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni - les trois pays européens signataires de l'Accord de Vienne sur le nucléaire iranien en 2015 - pour mettre en place des transactions non monétaires avec l'Iran, sans tomber sous le coup des sanctions imposées par Washington au secteur bancaire.
"Il s'agit d'un outil d'un nouveau type, il n'est donc pas simple de le rendre opérationnel", a déclaré Heiko Maas.
"Mais toutes les conditions formelles sont désormais remplies, donc je pense que nous pourrons l'utiliser à court terme."
La visite du ministre allemand à Téhéran, où il va aussi s'entretenir avec son homologue Mohammad Javad Zarif, vise à montrer que les Européens n'ont pas renoncé à sauver l'accord sur le nucléaire malgré le retard pris par Instex et l'impact sévère des sanctions américaines sur l'économie iranienne.
Heiko Maas a été accueilli en Iran dans une atmosphère de scepticisme croissant. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a jugé lundi que les Européens s'étaient montrés jusqu'à présent incapables de sauver l'Accord de Vienne, qui prévoyait un assouplissement progressif des sanctions contre l'Iran en contrepartie du gel de son programme nucléaire.
"Les Européens n'ont pris pour le moment aucune mesure concrète et significative pour garantir les intérêts de l'Iran", a déclaré Abbas Mousavi
"Téhéran ne discutera d'aucune question au-delà de l'accord sur le nucléaire", a ajouté le porte-parole en allusion à la volonté manifestée notamment par la France d'inclure le programme de missiles balistiques dans les tractations.


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