Le procès de l'oncle du président syrien Bachar el-Assad, soupçonné de s'être frauduleusement bâti en France un empire immobilier évalué à 90 millions d'euros, devrait se dérouler du 9 au 18 décembre devant le tribunal correctionnel de Paris, a appris mardi l'AFP de sources concordantes.
Le calendrier du procès prévu pour durer deux journées et quatre demi-journées doit encore été confirmé au cours d'une audience d'étape, le 11 juillet.
Après cinq ans d'enquête, le juge Renaud Van Ruymbeke a ordonné le 15 avril un procès contre Rifaat el-Assad, 81 ans, pour qu'il réponde du "blanchiment en bande organisée" de fraude fiscale aggravée et de détournements de fonds publics syriens. Il est également poursuivi pour le travail dissimulé d'employés de maison, rémunérés en espèces.
Vivant en exil en Europe depuis le début des années 1980, le frère de l'ex-président syrien Hafez el-Assad est soumis depuis son inculpation à Paris en juin 2016 à un contrôle judiciaire qui restreint ses déplacements internationaux.
Ancien pilier du régime de Damas, Rifaat el-Assad fut le chef des forces d'élite de la sécurité intérieure, les Brigades de défense, qui avaient violemment réprimé en 1982 une insurrection islamiste à Hama. Il avait été contraint à l'exil dès 1984 après un coup d'État manqué contre son frère Hafez, le père de Bachar, à la tête de la Syrie de 1971 à 2000.
Au cours de son exil européen avec ses quatre épouses et une suite de 150 à 200 fidèles, il a amassé une fortune immobilière qui a fini par éveiller les soupçons. La justice, saisie par une plainte de l'ONG anticorruption Sherpa, avait ouvert une information judiciaire en 2014.
En France, Rifaat el-Assad est soupçonné d'avoir acquis un important patrimoine immobilier, par le biais de sociétés offshores nichées dans les paradis fiscaux, trahissant selon le juge "une volonté de dissimulation" de l'origine des fonds.
La plupart de ses biens - dont deux hôtels particuliers et une quarantaine d'appartements dans les beaux quartiers parisiens, un haras et un château - ont été saisis. Tout comme plus de 500 biens, pour plus de 600 millions d'euros, en Espagne.
Rifaat el-Assad a toujours soutenu que sa fortune provenait de la générosité du royaume saoudien, à hauteur de "plus d'un million de dollars par mois", mais le magistrat a jugé "insuffisantes" ses justifications.
Plusieurs témoins, dont la crédibilité est contestée par ses avocats, l'ont accusé d'avoir détourné de l'argent et des biens culturels syriens.


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