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Tiananmen a "immunisé la Chine" contre l'agitation, selon la presse chinoise officielle



Des étudiants chinois dormant par terre sur la place Tiananmen, à Pékin, le 21 mai 1989, quelques semaines avant la répression sanglante des manifestations par l'armée. Photo d'arcives Photo d'archives AFP / NAOCHIRO KIMURA

La répression sanglante de Tiananmen, il y a tout juste 30 ans, a "immunisé la Chine" contre l'agitation politique, s'est félicité lundi un quotidien officiel, dans un rare éditorial consacré à ce sujet habituellement tabou dans le pays.

Dans un éditorial, le quotidien de langue anglaise Global Times, très proche du parti au pouvoir, estime que "l'incident" du 4 juin 1989 "est devenu un événement historique oublié" et que cet oubli même a permis à la Chine de poursuivre son spectaculaire développement économique. "Depuis l'incident, la Chine est parvenue à devenir la deuxième économie mondiale, avec une amélioration rapide du niveau de vie", salue le journal, alors que l'ensemble des autres médias gardaient le silence sur l'anniversaire du massacre. "En vaccinant la société chinoise, l'incident de Tiananmen augmentera grandement l'immunité de la Chine contre tout trouble politique à l'avenir", estime le quotidien, dont l'éditorial ne figurait pas dans la version du journal en langue chinoise.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les chars de l'armée chinoise mettaient fin brutalement à sept semaines de manifestations centrées autour de la place Tiananmen, l'immense esplanade du coeur de Pékin, en faveur de la démocratie. La répression, qui a fait des centaines de morts, voire plus d'un millier, reste un sujet tabou en Chine, où aucun bilan officiel du nombre de victimes n'a été publié par le régime communiste.

"La Chine d'aujourd'hui n'a manifestement pas les conditions politiques (nécessaires) pour reproduire soudainement l'émeute d'il y a 30 ans", affirme l'éditorial du Global Times, pour qui la société "a eu sa dose avec les tragédies politiques qui se sont produites en Union soviétique, en Yougoslavie et dans certains pays arabes".

Depuis Singapour, le ministre chinois de la Défense, le général Wei Fenghe, a répété dimanche la ligne officielle du régime sur Tiananmen, à savoir que les autorités de l'époque avaient pris "une décision correcte" en envoyant les chars contre un rassemblement pacifique, qualifié à l'époque "d'émeute contre-révolutionnaire". "Ces 30 dernières années ont prouvé que la Chine a vécu des changements majeurs", a-t-il lancé lors d'un forum international. Grâce aux mesures prises à l'époque par le gouvernement chinois, "la Chine a joui de stabilité et de développement", a-t-il justifié.
Ces propos n'ont pas été rapportés par les médias chinois.

Le gouvernement taïwanais a de son côté émis une condamnation plus ferme qu'à l'habitude des événements de 1989. Dans un communiqué, l'organe chargé des relations avec le régime communiste a estimé que Pékin devrait "faire sincèrement preuve de repentir" et "engager activement des réformes démocratiques". "Nous appelons fermement les autorités chinoises à regarder en face leurs erreurs historiques et à présenter au plus vite des excuses sincères", a déclaré cet organisme.

La répression sanglante de Tiananmen, il y a tout juste 30 ans, a "immunisé la Chine" contre l'agitation politique, s'est félicité lundi un quotidien officiel, dans un rare éditorial consacré à ce sujet habituellement tabou dans le pays.
Dans un éditorial, le quotidien de langue anglaise Global Times, très proche du parti au pouvoir, estime que "l'incident" du 4 juin 1989 "est devenu un événement historique oublié" et que cet oubli même a permis à la Chine de poursuivre son spectaculaire développement économique. "Depuis l'incident, la Chine est parvenue à devenir la deuxième économie mondiale, avec une amélioration rapide du niveau de vie", salue le journal, alors que l'ensemble des autres médias gardaient le silence sur l'anniversaire du massacre. "En vaccinant la société chinoise, l'incident de Tiananmen...