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Nominations à la tête de l'UE : épreuve de force entre les chefs d'Etat et le Parlement

Le président français Emmanuel Macron lors de son arrivée le 28 mai 2019 à Bruxelles. REUTERS/Yves Herman

C'est un bras de fer qui s'annonce entre le Parlement européen et les chefs d'Etat et de gouvernement dans les tractations pour désigner les nouveaux dirigeants des institutions européennes, une lutte de pouvoir dont l'issue reste incertaine et qui est au coeur du sommet de Bruxelles.

Le premier affrontement porte sur la présidence de la Commission européenne, car celui qui sera élu pour l'assurer devra obtenir le soutien des 28 et la majorité absolue au Parlement européen, soit 376 voix.


Un accord avant le sommet de fin juin

La journée a commencé par une mise au point énergique de la part des présidents des groupes politiques de l'assemblée sortante, dont les prétendants au poste sont clairement identifiés puisqu'ils étaient leurs chefs de file pendant la campagne.

Les traités européens laissent la main sur la procédure aux dirigeants, qui doivent toutefois "tenir compte" du résultat des élections.

Dans une déclaration adoptée peu avant la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, les parlementaires ont refusé toute candidature extérieure. Cette ligne, soutenue par les familles PPE (centre droit), socialistes et Verts, n'a toutefois pas été adoubée par le groupe libéral, au sein duquel siègera le parti Renaissance du président français Emmanuel Macron.

La position du Parlement a été transmise au président du Conseil, le Polonais Donald Tusk. Il va la soumettre aux dirigeants européens au cours de ce sommet extraordinaire organisé pour tirer les leçons des élections, marquées par une participation de plus de 50% qui renforce la légitimité de l'hémicycle.

Un accord entre les deux instances devra être trouvé avant le sommet des 20 et 21 juin.

A leur arrivée à Bruxelles, les dirigeants opposés au principe du "Spitzenkandidat" (chef de file) ont temporisé. Pas question de mettre des noms sur la table pour l'instant, ont-ils martelé, à l'image du président français Emmanuel Macron.

A l'inverse, la chancelière allemande Angela Merkel, issue de la famille du PPE, a soutenu le candidat de son parti, le Bavarois Manfred Weber. Et le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, invité de M. Macron lundi soir à Paris, a estimé que Frans Timmermans, le candidat de sa famille politique, était "le meilleur".

"Pour la première fois depuis que le Parlement européen existe, il n'y a pas de majorité avec deux partis, donc il y a nécessité de construire autre chose, un nouveau projet qui soit à l'image de ce que le peuple européen a choisi", a déclaré M. Macron à son arrivée, plaidant pour que sa famille politique joue un rôle "important".

Le dîner informel réunissant les 28 est destiné à définir le projet européen pour les cinq années à venir et à dessiner le profil du candidat à la présidence de la Commission qui incarnerait le mieux ce programme.

"Jeune, dynamique, et avec beaucoup de pouvoir", a résumé laconiquement le Premier ministre slovaque Peter Pellegrini.

"Il nous faut des femmes et des hommes qui incarnent ce renouveau, qui ont l'expérience et la crédibilité qui leur permet de porter ces missions et qui reflètent ces ambitions et les épousent pleinement", a décrit Emmanuel Macron, qui, interrogé sur d'éventuelles personnalités, s'est bien gardé de citer le nom de Manfred Weber.


Eviter une crise

Première force politique au Parlement, même s'il a laissé des plumes dans ces élections, le Parti Populaire Européen (la droite pro-européenne) revendique la présidence de l'exécutif bruxellois pour M. Weber. Mais outre qu'il ne fait pas l'unanimité au Conseil, il n'est même pas assuré de l'emporter au Parlement.

Il doit compter avec les prétendants des deux autres grands groupes : outre Frans Timmermans, la libérale Danoise Margrethe Vestager.

Plusieurs dirigeants vont tenter de convaincre le PPE de renoncer à son candidat pour éviter une crise. Emmanuel Macron mène la rébellion, mais il n'ira pas jusqu'à un vote au cours duquel la France s'opposerait à l'Allemagne, soutient un responsable européen.

Le président français compte sur les soutiens des huit chefs d'Etat ou de gouvernement de la famille libérale et cherche l'appui des cinq dirigeants socialistes.


Cinq nouvelles têtes

Cinq institutions de l'UE vont changer de tête au cours des prochains mois : le Parlement début juillet, la Commission, le Haut Représentant pour la diplomatie et la Banque centrale européenne en novembre, le Conseil début décembre. Un mécano qui doit être un savant dosage entre grands et petits pays, Est/Ouest et parité homme/femme.

Le chef de l'exécutif bruxellois, l'ancien Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker était le "Spi

C'est un bras de fer qui s'annonce entre le Parlement européen et les chefs d'Etat et de gouvernement dans les tractations pour désigner les nouveaux dirigeants des institutions européennes, une lutte de pouvoir dont l'issue reste incertaine et qui est au coeur du sommet de Bruxelles.Le premier affrontement porte sur la présidence de la Commission européenne, car celui qui sera élu pour l'assurer devra obtenir le soutien des 28 et la majorité absolue au Parlement européen, soit 376 voix.Un accord avant le sommet de fin juin La journée a commencé par une mise au point énergique de la part des présidents des groupes politiques de l'assemblée sortante, dont les prétendants au poste sont clairement identifiés puisqu'ils étaient leurs chefs de file pendant la campagne.Les traités européens laissent la main sur la procédure...