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La justice française rend un avis favorable à l'extradition d'un ingénieur iranien vers les Etats-Unis

AFP
22/05/2019

La justice française a rendu mercredi un avis favorable à l'extradition d'un ingénieur iranien vers les États-Unis, qui lui reprochent une tentative d'exportation vers l'Iran de matériels technologiques en violation des sanctions américaines contre ce pays.

Me Jean-Yves Le Borgne, l'un des défenseurs de Jalal Rohollahnejad, 41 ans, devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France, s'est déclaré "surpris que le caractère politique n'ait pas été retenu, compte tenu des relations entre l'Iran et les États-Unis". A fortiori, a-t-il ajouté, puisque "durant le délibéré , le ton a encore monté entre les deux pays".

Deux juges fédéraux américains soupçonnent l'ingénieur d'une série d'infractions liées à une tentative d'exportation vers l'Iran, via les Émirats Arabes Unis, de systèmes industriels à micro-ondes et de systèmes anti-drones, des matériels pouvant, selon les autorités américaines, être transformés assez facilement en armements. Selon la justice américaine, l'ingénieur aurait agi pour le compte d'une entreprise iranienne en lien avec le corps des gardiens de la révolution islamique, fer de lance du régime de Téhéran.

Une demande d'arrestation provisoire avait été lancée par les États-Unis sur la base d'un mandat d'arrêt peu de temps après l'obtention par M. Rohollahnejad d'un visa français en vue d'un déplacement professionnel. L'ingénieur iranien a été arrêté à son arrivée à Nice (sud-est) le 2 février, en provenance de Téhéran via Moscou. Il est depuis incarcéré.

Selon un autre de ses avocats, Adrien Milani, le "caractère politico-économique, voire militaire" de cette demande d'extradition se déduit notamment de "l'empressement et de l'insistance" des autorités américaines à se voir remettre par la justice française les outils informatiques que détenait M. Rohollahnejad lors de son interpellation.

Spécialiste de la fibre optique en lien avec l'université de Téhéran, cet ingénieur avait confirmé, lors d'une audience le 30 avril, avoir mené des recherches purement scientifiques pendant une dizaine d'années pour le compte de l'organisation aérospatiale iranienne.

Sa défense ne s'est pas encore positionnée sur un éventuel pourvoi en cassation. La justice ne rend qu'un avis, l'extradition relevant des pouvoirs du Premier ministre qui signe un décret, susceptible d'un recours devant le Conseil d'État, plus haute juridiction administrative française.

Pour la quatrième fois, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a rejeté mercredi la demande de remise en liberté de M. Rohollahnejad, qui réclame son placement sous contrôle judiciaire jusqu'au terme de la procédure.

Le consul d'Iran en France, présent à toutes les audiences de la chambre de l'instruction, avait proposé un logement à Paris, à la charge de l'ambassade, mais cette solution a toujours été refusée par les juges qui ont évoqué un risque de fuite.

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