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Lifestyle - Cinéma / Festival de Cannes

Sur la Croisette, le show de Quentin Tarantino

Isabelle Huppert incarne une actrice au bout de sa vie dans « Frankie » d’Ira Sachs, également en compétition.

Quentin Tarantino en compagnie de son épouse, la chanteuse israélienne Daniella Pick. Valery Hache/AFP

Quentin Tarantino, Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie : c’est un casting quatre étoiles qui a foulé hier soir le tapis rouge au Festival de Cannes, avant la projection très attendue de Once Upon a Time... in Hollywood, prétendant à la palme d’or. Après les premiers frissons ressentis en première semaine avec les montées des marches de Pedro Almodovar, Antonio Banderas et Penelope Cruz pour Douleur et gloire, Elton John et Taron Egerton pour Rocketman ou encore Alain Delon pour sa palme d’or d’honneur, celle de l’équipe de Once Upon a Time... in Hollywood a fait grimper la température de quelques degrés, sous un soleil de retour.

Quentin Tarantino à Cannes, c’est une flopée d’images fortes dont les fans de cinéma se souviennent forcément, avec en premier lieu cette palme d’or reçue des mains de Clint Eastwood en 1994 pour Pulp Fiction. Recevant le trophée sous une bronca mêlée aux applaudissements, « Quentin le fougueux » s’était ensuite fendu d’un doigt d’honneur adressé à une femme ayant vociféré : « Quelle daube ! Non, mais, quelle daube ! »

Le réalisateur, qui a mis dix ans avant de revenir sur la Croisette pour présenter Kill Bill vol.2 hors compétition (comme son premier long-métrage Reservoir Dogs en 1992), a échoué ensuite à glaner une deuxième palme d’or avec Inglorious Basterds en 2009. Mais il avait tout de même fait le show sur le tapis rouge, dansant avec Mélanie Laurent. Il a remis ça en 2014 avec Uma Thurman pour les 20 ans de Pulp Fiction. Cette fois, avec Margot Robbie, Leonardo DiCaprio et Brad Pitt l’entourant, le glamour était au rendez-vous. DiCaprio et Pitt forment un duo de cinéma inédit et très alléchant.Aux abords du palais des festivals, hier matin, ils étaient d’ailleurs plus nombreux que d’habitude à faire la chasse aux invitations. « Je suis une très grande fan de Leo (DiCaprio). Je suis supertendue de le savoir ici. Si j’arrive à le voir, je pleure, si je le rate, je pleure », soufflait Anna, une Barcelonaise de 24 ans. « Je suis fan de Tarantino depuis que je suis enfant et je suis à Cannes pour deux choses : son film et celui de Gaspard Noé. J’ai réussi à voir le film de Noé et même à lui serrer la main. Je suis donc très optimiste », déclarait, de son côté, Jacob, un étudiant allemand de 23 ans.

Le plus grand secret

Dans ce long-métrage de 2h45 filmé en 35 mm, qui se déroule à Los Angeles en 1969 en plein mouvement hippie, DiCaprio et Pitt incarnent respectivement Rick Dalton, un acteur de westerns télévisés, et Cliff Booth, sa doublure cascades. En quête de célébrité, ils ont pour voisine l’actrice Sharon Tate (Margot Robbie) et croisent la route d’autres stars tels Bruce Lee et Steve McQueen. Un esprit vintage souffle ainsi sur Once Upon a Time... in Hollywood, dont le titre évoque celui d’un des maîtres de Tarantino : Sergio Leone (Once Upon a Time in the West). Plusieurs fausses affiches de films dans lesquels Rick Dalton joue ont été dévoilées par la production. Pour le reste, le plus grand secret entoure le scénario du neuvième long-métrage de Tarantino, annoncé comme son film le « plus personnel » par un de ses producteurs, David Heyman dans une récente interview à Entertainment Weekly. « Dans ce film, il y a ses souvenirs d’enfant ayant grandi à Los Angeles et qui rêvait déjà de Hollywood. C’est vraiment émouvant, car il y a beaucoup de son histoire à lui », a-t-il ajouté.

Face à l’enjeu, le cinéaste de 56 ans, qui peut intégrer dimanche le fameux club des doubles palmés (Bille August, Francis Ford Coppola, Luc et Jean-Pierre Dardenne, Michael Haneke, Shohei Imamura, Emir Kusturica, Ken Loach), a demandé à tous ceux qui ont vu le film à Cannes de ne pas dévoiler son contenu. « J’aime le cinéma. Vous aimez le cinéma. C’est le moment de découvrir une histoire (...), je demande juste que chacun évite de révéler quoi que ce soit qui empêcherait les futurs spectateurs de vivre la même expérience devant le film », a-t-il écrit sur Twitter. Le cinéaste sud-coréen Bong Joon-ho a, lui aussi, rédigé une lettre, implorant notamment les critiques de ne pas dévoiler un pan important de l’histoire de Parasite. Coquetterie du destin, son film, également en lice pour la palme d’or, a été projeté juste après à 22h00 à Cannes.

Frankie

Le réalisateur américain Ira Sachs a, par ailleurs, présenté Frankie, l’histoire d’une actrice, incarnée par Isabelle Huppert (pour qui il a écrit le film) qui se sait condamnée par la maladie et réunit des proches pour un dernier séjour de vacances. Dans ce film en compétition pour la palme d’or, tourné dans la campagne de Sintra, près de Lisbonne, l’auteur de Brooklyn Village met en scène avec tendresse un personnage qui cherche à tout contrôler avant sa mort, tout mettre en ordre. Fan du cinéaste, la comédienne, deux fois lauréate du prix d’interprétation féminine à Cannes (en 1978 pour Violette Nozière et en 2001 pour La pianiste), raconte qu’elle souhaitait travailler avec Ira Sachs et le lui a fait savoir. Après plusieurs rencontres, il a écrit Frankie en pensant à elle. « Je n’avais pas l’impression d’être dans un rôle, j’avais l’impression d’être dans un film d’Ira Sachs », raconte Huppert. Un réalisateur qui « cherche à s’éloigner le plus possible de la fiction pour capter une forme de vérité ».

Le fait qu’elle soit actrice dans le film l’a-t-il un peu rapprochée du personnage ? Non, « elle pourrait être prof d’anglais, au fond, ce serait pareil », répond Isabelle Huppert. Seule sa position compte : elle se sait condamnée et par conséquent explore « tous les recoins de sa vie dans beaucoup de situations, comme mère, comme épouse, comme amie ».

« Dans le film, elle se rend compte qu’elle ne peut pas tout contrôler, c’est ça qu’elle apprend », raconte de son côté Ira Sachs. Travailler avec Isabelle Huppert est « plus amusant que ce à quoi je m’attendais, dit-il encore. Isabelle est forte, mais pas dure. C’est une personne tendre, curieuse et ouverte. Autant de choses que je ne pouvais pas savoir à travers les rôles qu’elle a joués ». « On a essayé d’apporter beaucoup d’elle dans le rôle et ça voulait dire qu’elle en fasse aussi peu que possible en tant qu’actrice », poursuit le cinéaste.La nature, omniprésente, est l’autre star du film : les forêts denses douchées par des pluies diluviennes – le tournage a été retardé par une tempête –, la mer déchaînée, la brume dans les montagnes et les jolis sentiers de Sintra. « C’est aussi un thème du film : la nature est plus grande que nous tous », dit Ira Sachs. Au casting, des noms des quatre coins du globe avec les acteurs français Pascal Greggory, belge Jérémie Renier, américaine Marisa Tomei et irlandais Brendan Gleeson.

Source : AFP


Quentin Tarantino, Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie : c’est un casting quatre étoiles qui a foulé hier soir le tapis rouge au Festival de Cannes, avant la projection très attendue de Once Upon a Time... in Hollywood, prétendant à la palme d’or. Après les premiers frissons ressentis en première semaine avec les montées des marches de Pedro Almodovar, Antonio Banderas...

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