L'émissaire de l'ONU pour la Libye, le Libanais Ghassan Salamé. Photo d'archives Michel Sayegh
"La Libye est sur le point de tomber dans une guerre civile qui pourrait conduire à la division permanente du pays", a-t-il averti. "Les dégâts déjà occasionnés vont prendre des années à être résorbés et seulement si la guerre s'arrête maintenant".
Selon l'Organisation mondiale de la santé, le conflit déclenché le 4 avril par une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, pour s'emparer de Tripoli a fait jusqu'à présent 510 morts et 2.467 blessés. Selon l'ONU, plus de 75.000 personnes ont aussi été obligées de fuir et plus de 100.000 personnes sont prises au piège des combats aux abords de Tripoli.
Devant le Conseil de sécurité, Ghassan Salamé a vivement déploré que des armements arrivent en masse en Libye en dépit de l'embargo sur les armes décrété pour ce pays depuis 2011.
"Des pays alimentent ce conflit sanglant et les Nations unies doivent y mettre un terme", a-t-il demandé, sans citer de noms. "Sans un mécanisme robuste pour le faire appliquer, l'embargo sur les armes en Libye va devenir une farce cynique".
Le maréchal Haftar est notamment soutenu par les Emirats arabes unis et l'Egypte. A l'inverse, la Turquie et le Qatar lui sont hostiles et appuient les forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli.
Le conflit "est déjà exploité" par les groupes jihadistes Etat islamique et el-Qaëda pour accroître leur emprise dans le pays, a aussi souligné l'émissaire de l'ONU. Selon lui, "il n'y a pas de solution militaire en Libye" et il est indispensable d'avoir "une cessation des hostilités" et un "retour à un processus politique sous l'égide de l'ONU" pour sortir le pays de la guerre.


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