Rafael Nadal parviendra-t-il à sortir de sa spirale négative au Masters 1000 de Rome, sa dernière escale avant Roland-Garros ? Susana Vera/Reuters
Alerte rouge pour Rafael Nadal : à deux semaines de Roland-Garros (26 mai-9 juin), l’Espagnol, onze fois sacré sur la terre battue parisienne, vient d’enchaîner trois défaites en demi-finales sur sa surface chérie. Ne lui reste plus que Rome pour ne pas arriver bredouille – et fragilisé – à la porte d’Auteuil.
À cette période de la saison, on avait pris l’habitude de compter les victoires consécutives de Nadal sur terre battue. Cette année, on additionne au contraire ses revers. À Monte-Carlo mi-avril, en ouverture de la saison sur ocre, c’est l’Italien Fabio Fognini qui avait surpris (6-4, 6-2) Nadal, auteur « d’un de (ses) pires matches sur terre battue en 14 ans ». À Barcelone, la semaine suivante, le n° 2 mondial avait chuté face à l’Autrichien Dominic Thiem (6-4, 6-4), un des joueurs les plus dangereux sur cette surface. À Madrid, samedi dernier, ce fut au tour du jeune Grec Stefanos Tsitsipas (n° 9) de faire mordre la poussière à Nadal après plus de 2h30 de combat (6-4, 2-6, 6-3). La veille, Nadal avait pourtant fait forte impression en dévorant le Suisse Stan Wawrinka en à peine plus d’une heure. Mais Tsitsipas, inspiré et agressif, efficace au service et attiré vers le filet, lui en a fait voir de toutes les couleurs. Et l’Espagnol, d’abord revenu de haute lutte dans la partie, a fini par craquer, non sans commettre quelques fautes inhabituelles chez un champion de sa trempe en fin de rencontre.
Faut-il s’alarmer pour Nadal, toujours en quête d’un premier trophée en 2019 ? Les faits n’ont rien d’engageant : jamais le Majorquin de 32 ans n’a triomphé à Roland-Garros sans avoir remporté au moins un des trois tournois en question. Quand en 2015 il ne s’était imposé ni à Monte-Carlo, ni à Barcelone, ni à Madrid, son parcours à la porte d’Auteuil avait pris fin dès les quarts de finale (battu par Novak Djokovic en trois sets). Une seule fois, parmi ses 11 sacres parisiens, il a été couronné à Roland-Garros en n’ayant conquis qu’un seul tournoi de la tournée printanière sur ocre. C’était en 2014 (Madrid en l’occurrence).
Face à cette nouvelle défaite sur la surface sur laquelle il règne depuis une quinzaine d’années, Nadal temporise. « Que signifie-t-elle ? On verra, je ne peux pas le dire. J’espère bien l’accepter, on va voir ce qui va se passer (à Rome). On va voir jour après jour, semaine après semaine. Je vais essayer de travailler comme il faut, avec la bonne attitude, et de croire en mes chances, croire dans le fait que les choses vont bien se passer », avance prudemment l’Espagnol. « J’ai su beaucoup gagner sur cette surface pendant de nombreuses années, cette année ça ne se passe pas comme ça, j’en reste proche, mais je ne réussis pas à gagner, il faut l’accepter. Mais accepter ne veut pas dire ne pas vouloir changer les choses », insiste-t-il. Nadal tient aussi à remettre les choses en perspective. « Évidemment, ce sont des tournois très importants pour moi et très spéciaux émotionnellement, c’est une multitude de souvenirs inoubliables. Ne pas les gagner fait que je ne rentre pas content, mais je ne vais pas gagner 15 Monte-Carlo, c’est la réalité. Ce qui arrive en ce moment est plus normal que ce qui s’est passé ces 14 dernières années », souligne-t-il.
Ne comptez pas sur lui pour rendre les armes pour autant, même si la cadence de ses problèmes physiques s’accélère depuis l’automne dernier. « Je crois que j’ai encore du tennis à donner, encore du temps devant moi pour aspirer à gagner ces tournois, considère Nadal. Pour y parvenir, je dois être en forme et bien jouer. Si j’y arrive l’année prochaine, je crois que j’aurai encore de très bonnes chances de rivaliser pour ces titres. Pour cette saison, il me reste deux tournois, j’ai fait des progrès, pas suffisants, mais j’en ai fait, je vais voir jusqu’où je peux aller. »
Parviendra-t-il à sortir de cette spirale négative au Masters 1000 de Rome, sa dernière escale avant Roland-Garros ? L’Espagnol aux 17 couronnes en grand chelem y débutera face à un Français, Richard Gasquet ou Jérémy Chardy. Et pourrait retrouver Thiem dès les quarts de finale.
Source : AFP


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