Photo REUTERS/Murad Sezer
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois appelé samedi à renouveler le scrutin municipal remporté par l'opposition à Istanbul, accentuant la pression sur les autorités électorales qui doivent bientôt se prononcer à ce sujet.
"Mes concitoyens me disent : +Mon président, il faut renouveler cette élection+. (...) Venez, allons au-devant du peuple et ce que dictera la volonté populaire, nous l'accepterons. C'est aussi simple que cela", a déclaré M. Erdogan. "Il y a clairement eu des irrégularités", a poursuivi le président turc lors d'un discours à Istanbul devant une association patronale, appelant le Haut-comité électoral (YSK) à "soulager les consciences de nos concitoyens".
Ces déclarations interviennent alors que l'YSK doit se réunir à partir de lundi pour évaluer un recours du parti de M. Erdogan, l'AKP (islamo-conservateur), demandant l'annulation du scrutin à Istanbul et la tenue d'un nouveau vote.
Lors des élections municipales du 31 mars dernier, le candidat de plusieurs partis d'opposition, Ekrem Imamoglu, a battu celui de l'AKP, l'ex-Premier ministre Binali Yildirim, avec moins de 15.000 voix d'avance, une goutte d'eau à l'échelle de la mégapole turque.
L'AKP de M. Erdogan a également perdu la capitale Ankara, une claque électorale qui s'explique notamment par la tempête économique qui secoue le pays, avec la première récession en 10 ans, une inflation à 20% et une monnaie qui s'érode.
Mais refusant d'admettre la défaite à Istanbul, M. Erdogan a crié aux "irrégularités massives". L'AKP accuse notamment des responsables de bureaux de vote d'avoir minimisé le nombre de voix remportées par son candidat.
Le parquet d'Istanbul a annoncé jeudi qu'une trentaine d'enquêtes avaient été ouvertes et que plus de 100 responsables de bureaux de vote et assesseurs avaient été convoqués pour être interrogés.
Le principal parti d'opposition CHP (social-démocrate) accuse M. Erdogan d'être un "mauvais perdant" et de vouloir s'accrocher par tous les moyens à Istanbul, la capitale économique et démographique du pays.
S'exprimant samedi après M. Erdogan, M. Imamoglu, qui a reçu son mandat de maire d'Istanbul le mois dernier, a appelé l'YSK à "prendre une décision en se basant sur le droit et la justice".
"Arrêtez de faire pression sur l'YSK", a déclaré samedi le porte-parole du CHP, Faik Oztrak, en s'adressant à M. Erdogan. "Il n'y a pas d'irrégularités, il n'y a pas d'abus. Il y a juste une difficulté à digérer (la défaite)", a-t-il ajouté.


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