Le directeur général des FSI, le général Imad Osman. Photo d’archives
Dans la foulée des accusations réciproques que se lancent le directeur général des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Imad Osman, et le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, Peter Germanos, on apprenait que ce dernier a porté plainte il y a quelques jours contre le général Osman pour non-exécution d’une décision judiciaire et transféré le dossier au premier juge d’instruction militaire, Fadi Sawan.
Il y a deux semaines, M. Germanos avait demandé dans une note au commandant en chef de la gendarmerie, Marwan Sleilati, de lui communiquer des copies des permis accordés pour le creusement de puits artésiens ainsi que des infractions aux lois de la construction. Mais ses instructions n’ont pas été suivies parce que le directeur général des FSI considère que les commissions rogatoires doivent lui être adressées, à charge pour lui de les transmettre à la ministre de l’Intérieur, Raya el-Hassan.
Notons que selon la loi, la convocation de M. Osman ne peut être exécutée sans l’autorisation de Mme Hassan, sachant que les directeurs généraux ne peuvent comparaître que si les ministres dont ils relèvent donnent leur accord en ce sens.Interrogé sur le recours de Peter Germanos, Nouhad Machnouk, député de Beyrouth et appartenant au même camp haririen que M. Osman, l’a décrit comme « une agression directe », estimant que « le recours judiciaire doit s’effectuer à travers le procureur général près la Cour de cassation, qui est lui-même le chef hiérarchique du commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire ». M. Machnouk, qui s’exprimait à l’issue d’une visite effectuée à Mgr Élias Audi, métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, a fait part de son étonnement quant au fait que « l’ancien et l’actuel ministres de la Justice (respectivement Salim Jreissati et Albert Serhane), ainsi que le Conseil supérieur de la magistrature n’ont pas exprimé leur opinion sur la question de savoir si un juge peut décider lui-même de la nature de sa fonction et de ses prérogatives ». Et d’insister à cet égard : « Un commissaire du gouvernement n’est pas le commissaire du Tribunal militaire auprès du gouvernement. C’est un juge civil soumis à la hiérarchie d’un autre magistrat civil. » « La branche des renseignements des FSI est une icône sécuritaire chargée de la sécurité de tous les Libanais, et son rôle n’est pas sujet à débat », a-t-il ajouté.
Le garde du corps de Ghada Aoun
Par ailleurs, le premier juge d’instruction militaire, Fadi Sawan, a publié les actes d’accusation à l’encontre du garde du corps de la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, Ghada Aoun, et d’un fonctionnaire du parquet général. Les deux hommes, arrêtés en février dernier, sont soupçonnés de corruption et d’obtention de rétributions en vue d’influer sur la conduite des autorités judiciaires.


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