Liban

Lorsque Riyad reprend la main au Liban...

Décryptage
25/04/2019

En dépit du retard et des tiraillements autour du projet de loi sur le budget et en dépit des craintes de plus en plus précises au sujet des développements économiques, les dirigeants saoudiens multiplient ces derniers temps les signaux positifs à l’égard du Liban. Il y a eu ainsi la visite il y a près de deux mois du responsable du dossier libanais au sein du Conseil des ministres saoudien, Nizar Alaoula, les activités de plus en plus intenses et diversifiées de l’ambassadeur saoudien au Liban Walid Boukhari, et maintenant la visite du conseiller royal pour les questions humanitaires, le Dr Abdallah al-Rabiaa. D’ailleurs, la plupart des chaînes de télévision locales ont diffusé hier en direct une conférence à laquelle a participé le Dr al-Rabiaa, en présence du Premier ministre Saad Hariri.

Des sources proches du courant du Futur révèlent que les relations entre le Premier ministre et les autorités saoudiennes se sont nettement améliorées après une période de froid qui a suivi l’épisode de « la démission de Riyad » en novembre 2017, grâce notamment à l’homme d’affaires jordanien basé en Égypte Alaa al-Khawaja. Les dirigeants saoudiens qui semblaient s’être plus ou moins désintéressés du Liban pendant une certaine période y reviennent désormais avec une nouvelle politique d’ouverture, en direction de toutes les parties, sauf naturellement le Hezbollah et ceux qui gravitent autour de cette formation.

Déjà, les premiers touristes saoudiens sont arrivés au Liban et, selon les prévisions, de nombreux autres sont attendus cet été à Beyrouth. Mais jusqu’à présent, et en dépit des déclarations positives, aucun accord concret n’a été signé avec le Liban officiel, le Dr al-Rabiaa s’étant contenté d’inaugurer des projets destinés aux déplacés syriens au Liban, tout en promettant d’autres projets pour les Libanais.

Selon une source diplomatique arabe, cette nouvelle attitude saoudienne s’inscrit dans le cadre d’une vaste offensive diplomatique saoudienne dans l’ensemble de la région. Après avoir tenté la manière forte et les menaces à l’égard des pays ayant des relations avec l’Iran, sans obtenir de résultats positifs, puisque l’attitude saoudienne a poussé ces pays à se rapprocher encore plus de l’Iran, les dirigeants saoudiens auraient donc décidé de changer de politique et de méthode, utilisant les promesses et l’ouverture pour retrouver leur influence régionale. Le retour des émissaires saoudiens au Liban coïncide ainsi avec la reprise des relations entre Riyad et Bagdad au point que le Premier ministre irakien Adel Abdel Mehdi a effectué une visite au royaume wahhabite après s’être rendu en Iran. Même chose pour le Premier ministre du Pakistan Imran Khan qui a effectué le double voyage, d’abord en Arabie puis en Iran. Dans les deux cas, les dirigeants saoudiens ont proposé à leurs interlocuteurs irakiens et pakistanais la signature d’accords économiques et la consolidation des relations, dans une volonté réelle de relancer leur rôle dans la région.

Selon la source précitée, cette attitude saoudienne diplomatique est accompagnée d’une vaste offensive militaire au Yémen, où la guerre se poursuit depuis plus de quatre ans, mais aussi en Libye avec l’appui déclaré au général Haftar qui a lancé une large opération contre Tripoli. Toujours selon la même source, les développements en Algérie et au Soudan pourraient aussi être influencés par l’Arabie, surtout au Soudan qui contribue largement à l’offensive contre Ansarallah (les houthis) au Yémen par l’envoi de troupes au sol. Il y aurait donc une action concertée saoudienne, émiratie et égyptienne dans l’ensemble de la région pour reprendre la main, face à l’axe dit de la résistance (l’Iran et ses alliés), mais aussi face à un autre axe régional qui regroupe essentiellement la Turquie et le Qatar.

Toujours selon la source diplomatique arabe précitée, la guerre des axes bat donc son plein dans la région et après une période de recul qui a suivi l’affaire Kashoggi, l’Arabie saoudite et ses alliés sont décidés à augmenter leur influence dans la région, en utilisant, lorsque c’est possible, l’appui à des actions militaires et en privilégiant l’action diplomatique et les accords commerciaux et économiques dans d’autres cas. Au Liban, par exemple, les dirigeants saoudiens semblent miser sur l’action diplomatique et sur des projets économiques, surtout en cette période délicate pour le Liban sur le plan financier. Mais il n’est pas question de faire des concessions envers le Hezbollah et ceux qui gravitent dans son orbite.

Pour le Liban en tout cas, le réchauffement des relations avec Riyad est une bonne nouvelle et il est porteur d’espoir, les parties libanaises souhaitant convaincre les dirigeants saoudiens, comme elles ont essayé de le faire avec l’administration américaine, que le Hezbollah fait partie du tissu social libanais et que le fait de punir les Libanais à cause de lui finira par avoir un effet négatif sur l’ensemble du pays, y compris sur les alliés de Riyad. Le Liban sait qu’il joue une partie difficile, surtout face à la radicalisation des positions internationales et régionales, mais il espère malgré tout préserver sa spécificité et constituer une exception positive dans la région.

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gaby sioufi

C CA !
sarcasme pour sarcasme,
remercions "dieu" de la generosite de vali fakih & ses copains ,
remercions "dieu" des chantres de ce meme vali & copains,
pour le volet morale & financier !

Chucri Abboud

Ces bipolaires de Séoudiens !
Souvent Riad varie
Bien fol est qui s'y fie !

ON DIT QUOI ?

À part le pèze, que peut nous apporter la bensaoudie ? Scarlett parle de relations diplomatiques et économiques, que peut nous apprendre la bensaoudie en économie, n'eut été la présence de libanais en bensoudie que serait devenu ce pays ? Auraient ils bu leur pétrole ?

Ce pays dirigé par une famille infâme ne doit en aucune façon nous donner des complexes , juste à cause du fric ? On serait tombé bien bas face à cette incurie chronique qui vient de ces gens là.

LES VRAIS MOTS DE SCARLETT C'EST QUE N'AYANT PAS PU NOUS SOUMETTRE ( à 100%) les bensaouds version bensalman viennent au liban pour essayer de recoller les morceaux des meubles qu'ils ont détruit et laissé à l'abandon.

QUE LA RÉSISTANCE DU HEZB LIBANAIS RÉSISTANT A ÉTÉ UN BIEN NATIONAL POUR DONNER LA LEÇON À CES IGNARES QU'ON EN A QUE FOUTRE DE LEUR FRIC SI ON NE NOUS RESPECTE PAS EN TANT QUE PEUPLE LIBRE ET INDÉPENDANT DANS NOS CHOIX .

TOUT AU MOINS POUR CERTAINS(ES) , QUI N'AURAIENT PAS PERDU LEUR DIGNITÉ D'HOMMES ET SURTOUT DE FEMMES .

Honneur et Patrie

Les chiffres : Liban et Libanais cités 15 fois tandis que les Saoudiens cités 17 fois, Riyad 4 fois, l'Iran 5 fois, le Hezbollah 2 fois...
Avec toute notre gratitude et notre reconnaissance à tout ce monde, nous souhaitons leur demander de s'occuper de leurs peuples et de leurs problèmes et de laisser les Libanais s'occuper des leurs.
Naguère, un film fut projeté dans une salle de Beyrouth : "To each his own" (A chacun son destin) avec la sublime Olivta de Haviland. A l'époque le Liban, les Libanais, les Arabes, les Perses, les Peaux-Rouges, les Mau-Mau, tout le monde était heureux.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE LIBAN NE PEUT PAS PRESERVER SA SPECIFITE ET JOUER UN ROLE OU CONSTITUER UNE EXCEPTION POSITIVE DANS LA REGION TANT QU,IL Y A... TRES CHERE MADAME SCARLETT HADDAD ET VOUS DEVEZ VOUS LE METTRE DANS L,ESPRIT... LE HEZBOLLAH QUI INTERVIENT DANS TOUS LES PAYS DE LA REGION ET LANCE DES ATTAQUES VERBALES CONTRE LES PAYS DU GOLFE. LES AUTRES NE GOBENT PAS LES INEPTIES QUE NOS ABRUTIS LEUR SERVENT !

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