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Notre-Dame: la France déroge à ses règles pour accélérer les travaux



Des ouvriers sur le toit de Notre-Dame de Paris à Paris le 23 avril 2019. AFP / Christophe ARCHAMBAULT

 Le gouvernement français envisage une série de dérogations par ordonnance pour "faciliter la réalisation des travaux" nécessaires à la restauration de Notre-Dame de Paris, que le président Emmanuel Macron a promise d'ici cinq ans.

Selon le compte-rendu du Conseil des ministres, un projet de loi présenté mercredi devrait permettre au gouvernement de passer outre à des obligations en matière de marchés publics et de lois de protection du patrimoine.

Intitulé "Restauration et conservation de la cathédrale de Notre-Dame de Paris et institution d'une souscription nationale", le texte propose la mise en place de cette souscription, des avantages fiscaux pour les donateurs, un comité de contrôle pour "le bon emploi des fonds" et la création d'un établissement public chargé de concevoir et réaliser les travaux.

Dans sa partie la plus contestée, il donne la possibilité au gouvernement de "prendre par ordonnance les mesures d'aménagement ou de dérogation à certaines dispositions législatives qui seraient nécessaires afin de faciliter la réalisation des travaux".

Une audace diversement appréciée par les défenseurs des monuments historiques, tels l'animateur Stéphane Bern, chargé d'une mission Patrimoine qui dénonce une "précipitation" de la part du président Macron. Des réserves également chez l'ancien ministre de la Culture Jack Lang.

M. Bern s'est dit "inquiet" d'une "loi d'exception": "Le risque est de créer des précédents. Il y a beaucoup de précipitation. Les lois d'exception, ça m'angoisse toujours. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Les donateurs veulent la reconstruction de la cathédrale à l'identique. Il faut se garder des +starchitectes+ qui veulent laisser leur nom sur ce bâtiment. Un peu d'humilité est requise devant 850 ans d'histoire", a-t-il ajouté.

Jack Lang a salué "la célérité" de l'action du gouvernement, mais exprimé une "réserve" sur les dérogations aux règles du marché public.

"Les promesses faites sont tenues. La reconstruction pourra être menée tambour battant. Je salue la création d'un établissement public, qui permet qu'un véritable commando prenne les choses en mains", a-t-il dit.

"Ma seule réserve", a ajouté l'ex-ministre de François Mitterrand, "porte sur la liberté qui serait accordée de s'affranchir des règles du marché public", qu'il juge inutiles pour réaliser un grand chantier comme Notre-Dame.

L'ex-ministre a par ailleurs reconnu "s'interroger sur l'adéquation d'un concours international d'architectes au projet de rénovation de la flèche" de la cathédrale.


 Le gouvernement français envisage une série de dérogations par ordonnance pour "faciliter la réalisation des travaux" nécessaires à la restauration de Notre-Dame de Paris, que le président Emmanuel Macron a promise d'ici cinq ans.

Selon le compte-rendu du Conseil des ministres, un projet de loi présenté mercredi devrait permettre au gouvernement de passer outre à des...