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Boko Haram multiplie les attaques dans les pays voisins du Nigeria

AFP
19/04/2019

Les jihadistes de Boko Haram venus du Nigeria ont récemment multiplié les attaques meurtrières dans les pays voisins, la dernière en date ayant provoqué la mort de onze civils vendredi dans le nord du Cameroun.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, "Boko Haram a fait une incursion" à Tcharkamari, localité de la région de l'Extrême-Nord camerounais, tuant onze civils dont "des vieillards et des enfants", selon une source proche des services de sécurité de la zone. Elle confirmait une première information d'un membre d'un comité d'auto-défense local.
Les jihadistes ont attaqué peu après 22h00 (21h00 GMT) heures et ont mis fin à leurs exactions vers une heure du matin. Située à une vingtaine de km de Mora, chef-lieu du Mayo-Sava, l'un des trois départements de la région de l'Extrême-Nord, Tcharkamari se trouve sur la route nationale reliant Maroua, le chef-lieu de la région, à Kousseri, à la frontière du Tchad.

C'est l'attaque la plus meurtrière imputée à Boko Haram dans le nord du Cameroun depuis plusieurs mois, où les assauts se répètent après une relative accalmie en 2018.

Depuis le début du mois, au moins sept militaires camerounais ont été tués lors d'attaques du groupe jihadiste ou dans l'explosio explosion d'une mine au passage d'un véhicule militaire.

Au Tchad voisin, relativement peu touché ces dernières années par les attaques des jihadistes nigérians, Boko Haram a tué au moins 30 militaires depuis début mars, dans des localités proches du Lac Tchad.
Dans la nuit de lundi à mardi, un poste de gendarmerie tchadien a ainsi été attaqué par un groupe d'hommes armés, présumés membres de Boko Haram. La veille, ce sont sept soldats tchadiens qui ont été tués lors d'un assaut de Boko Haram, dans une autre ville de la province du Lac Tchad. L'armée tchadienne a affirmé avoir tué plus d'une centaine de combattants jihadistes au cours de ces différentes attaques.

Dans un rapport publié fin mars, la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) s'inquiétait de cette résurgence des attaques de Boko Haram dans la région du lac Tchad. "Le Tchad, relativement épargné par la menace Boko Haram après les attentats meurtriers de 2015, est à nouveau la ligne de mire du groupe terroriste depuis mi-2018", notait le rapport.


"Attaques de nuit" 
Dans un autre pays voisin du Nigeria, le Niger, la grande-ville du sud-est du pays, Diffa, a été frappée dans la nuit du 10 au 11 avril. Les combats ont duré plusieurs heures, dans une zone qui connait également un regain de violence depuis la fin 2018.
Durant le seul mois de mars 2019, 88 civils ont été tués au Niger par Boko Haram dont les attaques ont contraint plus de 18.000 personnes à fuir leurs villages, selon l'ONU qui s'est alarmée de la "détérioration rapide de la situation sécuritaire" dans la zone de Diffa.

Le groupe "privilégie depuis des mois des attaques de nuit. Il brûle des maisons, égorge ou tue à l'arme blanche, pose des mines, vole du bétail et du mil", affirmait fin mars à l'AFP un responsable sécuritaire dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun.

Boko Haram, qui est divisé en deux factions dont l'une a été adoubée par le groupe Etat islamique (EI) en 2016, "conserve toute sa capacité de nuisance", concédait alors ce responsable camerounais en ajoutant: "tant que Boko Haram ne sera pas rasé au Nigeria, nous continuerons de le subir".

Du côté nigérian de la frontière, dans la nuit de dimanche à lundi, des combattants de Boko Haram ont envahi un village situé près de la ville de Chibok, dans le nord-est du Nigeria, le jour des célébrations du cinquième anniversaire de l'enlèvement de plus de 200 lycéennes par le groupe.

Le groupe Boko Haram opère dans tous les pays de la zone du lac Tchad (Nigeria, Tchad, Cameroun, Niger), où il commet des attentats meurtriers, des attaques contre les forces de l'ordre et procède à des enlèvements de civils.

Plus de 27.000 personnes sont mortes depuis le début du soulèvement de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, en 2009, et 1,8 million d'autres ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

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