Justice

La CPI refuse d’ouvrir une enquête en Afghanistan

Le président Donald Trump a salué hier « une grande victoire » pour « l’État de droit ».

Photo prise le 4 novembre 2012 d’une explosion provoquée par les forces américaines contres les Talibans en Afghanistan. Goran Tomasevic/Reuters

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont refusé hier d’autoriser l’ouverture d’une enquête pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre présumés en Afghanistan, après une menace de sanctions des États-Unis qui ont aussitôt salué une « grande victoire ». Cette décision, qui est un dur revers pour le bureau du procureur, a été rapidement critiquée par différents groupes de défense des droits humains, qui parlent d’un coup dur pour les « milliers de victimes » du conflit afghan en cours depuis 2003. « Les juges ont décidé qu’une enquête sur la situation en Afghanistan à ce stade ne servirait pas les intérêts de la justice », a déclaré dans un communiqué la juridiction internationale de La Haye.

Cette décision intervient une semaine seulement après la confirmation de la révocation par Washington du visa de la procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda, en raison d’une possible enquête sur des exactions de soldats américains en Afghanistan. Les États-Unis, qui ne sont pas membres de la Cour, avaient annoncé des sanctions sans précédent mi-mars à son encontre, avec des restrictions de visa contre toute personne « directement responsable » d’une éventuelle enquête « contre des militaire américains ». Le président Donald Trump a donc salué hier « une grande victoire » pour « l’État de droit ».

Aboutissement « peu probable »

Et son secrétaire d’État Mike Pompeo a explicitement fait le lien avec les mesures punitives américaines, laissant entendre que les juges avaient été sensibles aux menaces de Washington. « Je suis heureux que la Cour ait reconsidéré ses actes », a-t-il dit. Mme Bensouda avait demandé en novembre 2017 aux juges l’autorisation d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis dans le cadre du conflit afghan, notamment par l’armée américaine. Son bureau avait entamé un examen préliminaire sur la situation en Afghanistan en 2006. Hier, elle n’a pas exclu de faire « recours ».

Les juges ont admis que, compte tenu des informations fournies, il existait « une base raisonnable permettant de considérer que des crimes relevant de la compétence de la CPI auraient été commis en Afghanistan ». Cependant, « la situation actuelle en Afghanistan est telle qu’elle rend extrêmement difficile la réussite d’une enquête et de poursuites », ont-ils affirmé. « En conséquence, il est peu probable que la poursuite d’une enquête aboutisse à la réalisation des objectifs énumérés par les victimes en faveur de l’enquête », ont-ils conclu.

Le président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, Patrick Baudouin, a condamné une « décision choquante », « qui repose sur un raisonnement profondément imparfait ». « La CPI a été créée précisément pour surmonter les difficultés qui rendaient les enquêtes nationales impossibles », a-t-il estimé, déplorant « un jour sombre pour la justice ». Pour expliquer leur décision, les juges de la CPI ont aussi évoqué le « temps écoulé » depuis le début de l’examen préliminaire, en 2006, l’évolution de la situation politique en Afghanistan et le « manque de coopération » des autorités compétentes avec le procureur.

« Cela envoie aux agresseurs le message dangereux qu’ils peuvent se placer hors de portée de la loi simplement en ne coopérant pas », a réagi l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, évoquant « un coup dévastateur pour les victimes qui ont souffert de crimes graves sans réparation ».

Jamil Dakwar, le directeur du programme des droits de l’homme de l’Union américaine pour les libertés civiles, a, lui, blâmé « les tactiques d’intimidation » du gouvernement américain.

« Il est scandaleux que les victimes de crimes de guerre aient beaucoup moins de chances d’obtenir justice pour des atrocités bien documentées à cause des efforts autoritaires de l’administration Trump pour saboter une enquête avant même qu’elle ne puisse être ouverte », a-t-il dénoncé.

Source : AFP


Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont refusé hier d’autoriser l’ouverture d’une enquête pour des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre présumés en Afghanistan, après une menace de sanctions des États-Unis qui ont aussitôt salué une « grande victoire ». Cette décision, qui est un dur revers pour le bureau du procureur, a été rapidement...

commentaires (1)

Il n'y a que les niaises et niais qui donnent du crédit à ce machin , la preuve , trump-pète vient de saluer une grande victoire en s'opposant à ce machin, lui la lumière parmi les lumières. .lolllll....

FRIK-A-FRAK

11 h 43, le 14 avril 2019

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Commentaires (1)

  • Il n'y a que les niaises et niais qui donnent du crédit à ce machin , la preuve , trump-pète vient de saluer une grande victoire en s'opposant à ce machin, lui la lumière parmi les lumières. .lolllll....

    FRIK-A-FRAK

    11 h 43, le 14 avril 2019