Les militants détenus du Hirak, mouvement de protestation ayant secoué la région marocaine du Rif en 2016-2017, ont été transférés jeudi de Casablanca vers des prisons du nord du Maroc pour être plus "proches de leurs familles", a annoncé jeudi l'administration pénitentiaire.
Cette décision répond au "souci de rapprocher ces pensionnaires de leurs familles et de préserver ainsi les liens familiaux et sociaux", a-t-elle indiqué dans un communiqué.
La Cour d'appel de Casablanca (ouest) a confirmé vendredi les peines de 42 membres du Hirak, mouvement de protestation aux revendications sociales et économiques, accusé de visées séparatistes par le pouvoir. La plupart d'entre eux avaient boycotté les audiences.
Nasser Zefzafi et trois autres militants formant le noyau dur de la protestation ont écopé de 20 ans de prison ferme, soit les peines les plus lourdes, notamment pour "complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'Etat". Les autres ont été condamnés à des peines allant de 1 à 15 ans de prison.
Ces détenus sont pour la plupart originaires d'Al-Hoceïma (nord), l'épicentre de la protestation qui a secoué la région historiquement frondeuse du Rif entre octobre 2016 et juillet 2017. Tous avaient été arrêtés dans le Rif et transférés à Casablanca où ils ont été jugés.
Arrêté pendant sa couverture d'une marche de protestation à Al-Hoceïma, le journaliste Hamid el-Mahdaoui a, lui, vu confirmée sa condamnation à trois ans de prison pour ne pas avoir alerté la police des appels d'un inconnu évoquant des armes pour le Hirak.
Plusieurs associations et ONG ont critiqué la sévérité des peines. Les autorités marocaines, elles, ont toujours assuré que le processus judiciaire était conforme aux normes internationales, mettant en avant "l'indépendance de la justice".
Au lendemain de leur condamnation en appel, le leader du mouvement et un autre détenu du Hirak se sont cousus les lèvres en signe de "protestation", selon leurs proches. Mais à la demande de leurs avocats et familles, ils se sont décousus les lèvres mercredi, a dit à l'AFP Ahmed Zefzafi, le père du meneur du Hirak.
Une fois par semaine, les familles des militants du Hirak faisaient une dizaine d'heures de route en autocar pour rendre visite à leurs proches incarcérés à Casablanca.


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