Le Fonds monétaire international (FMI) a fortement revu à la baisse mardi ses prévisions de croissance pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, l'économie iranienne plongeant profondément dans une récession en raison des sanctions américaines.
Dans ses Perspectives de l'économie mondiale d'avril, le FMI prévoit que l'économie iranienne se contractera massivement de 6% en 2019 --la pire performance depuis sa contraction de 7,7% en 2012-- en raison des sanctions américaines et de revenus pétroliers plus faibles.
Le FMI révise ainsi considérablement ses estimations d'octobre concernant l'économie de la République islamique qui dépend du pétrole désormais sous embargo américain.
En 2018, l'économie de l'Iran, la deuxième de la région derrière l'Arabie saoudite, s'est contractée de 3,9% par rapport à 1,5% prévu précédemment. En octobre, le FMI s'attendait à ce que l'économie iranienne se contracte de 3,6% en 2019, alors que la nouvelle projection se situe à 6%.
Le FMI maintient toutefois ses projections de croissance de janvier pour l'Arabie saoudite, indiquant que la première économie de la région devrait connaître une croissance modeste de 1,8% et 2,1%, respectivement cette année et l'année prochaine.
Le Fonds s'attendait également à ce que la croissance du royaume saoudien, qui a augmenté de 2,2% l'an dernier, se stabilise à un rythme modeste à moyen terme en raison des perspectives moroses des prix du pétrole et de la production.
Le FMI prévoit aussi que l'économie de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord connaîtra cette année une croissance de 1,3%, en baisse de 0,9% par rapport à ses projections de janvier, principalement en raison des sanctions imposées à l'Iran, du ralentissement de la croissance pétrolière et des troubles qui agitent la région.
L'économie de la région devrait se redresser en 2020 avec une croissance saine de 3,2%, selon le FMI.
"Les perspectives de la région sont assombries par de multiples facteurs, dont le ralentissement de la croissance du PIB pétrolier en Arabie saoudite (...), les sanctions américaines contre l'Iran et les tensions et conflits civils dans plusieurs autres économies, dont l'Irak, la Syrie et le Yémen", explique le FMI.
Toujours selon le FMI, les prix du pétrole devraient se situer autour de 59 dollars le baril en moyenne cette année et l'année prochaine, en baisse par rapport à ses projections d'octobre qui étaient supérieures à 65 dollars le baril.


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