Le Parti socialiste qui gouverne l'Espagne gagnerait les élections législatives du 28 avril et pourrait même se passer de l'appui des séparatistes catalans pour gouverner, selon une enquête de l'institut gouvernemental de sondages publiée mardi.
En revanche, selon les projections du Centre d'enquêtes sociologiques (CIS), une alliance des droites avec l'extrême droite, sur le modèle de celle qui gouverne l'Andalousie depuis janvier, n'obtiendrait pas, même dans le meilleur des cas, la majorité de 176 députés sur 350 nécessaire pour gouverner.
Cette enquête se rapproche de la moyenne des différents sondages publiés depuis que les élections ont été convoquées le 15 février dernier.
Tous donnent le Parti socialiste gagnant, mais prévoient qu'il aura besoin pour gouverner de s'allier, soit avec les centristes de Ciudadanos, une perspective que ceux-ci repoussent à cor et à cri, soit avec la gauche radicale et l'appui de petites formations.
Le CIS prédit au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) 30,2% des votes et une fourchette comprise entre 123 et 138 députés, loin devant son premier opposant, le Parti populaire (PP, conservateur), qui obtiendrait son pire résultat en près de 40 ans avec 17,2% des voix et 66 à 76 sièges.
Parmi les alliés potentiels de Pedro Sanchez pour former un gouvernement, la coalition de gauche radicale Unidas Podemos est créditée, avec ses alliés, de 12,9% des suffrages et 33 à 41 sièges.
Pourraient s'y ajouter de petits partis, notamment les nationalistes basques. Dans le meilleur des cas, ils réuniraient suffisamment de sièges pour éviter à Pedro Sanchez de dépendre des indépendantistes catalans qui ont précipité la convocation d'élections anticipées.
Au centre-droit, le parti libéral Ciudadanos, obtiendrait 13,6% et 42 à 51 élus.
Le parti d'extrême droite Vox entrerait selon les projections du CIS au parlement avec 11,9% des suffrages et 29 à 37 députés.
En Catalogne, les indépendantistes seraient dominés par la Gauche républicaine (ERC) avec 17 ou 18 sièges, tandis que les séparatistes de centre-droit (JxCat) auraient 4 ou 5 élus.
L'enquête, réalisée sur un échantillon de plus de 16.000 personnes du 1er au 18 mars, comporte une marge d'erreur moyenne inférieure à 1%.
En revanche, 41,6% des Espagnols interrogés envisageant d'aller voter ont déclaré être encore indécis.
Les sondages du CIS font historiquement référence en Espagne, mais l'institut a été soupçonné de partialité depuis que le Premier ministre Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir en juin 2018, a nommé à sa tête l'un de ses proches.


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