Un bus passant devant l'ambassade russe à Londres, le 15 mars 2018. Photo d'archives AFP / Justin TALLIS
Charlie Rowley, un Britannique contaminé par l'agent innervant Novitchok en juillet 2018, quelques mois après l'affaire Skripal et un empoisonnement attribué par Londres à Moscou, a rencontré samedi l'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni mais n'a obtenu aucune véritable "réponse", a rapporté dimanche le Sunday Mirror.
Le 4 mars 2018, l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été victimes d'un empoisonnement au Novitchok, à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre). Ils avaient tous deux été hospitalisés dans un état critique pendant plusieurs semaines avant de se rétablir.
Le gouvernement britannique avait attribué la responsabilité de cet empoisonnement aux autorités russes et affirmé que le Novitchok avait été mis au point par la Russie à l'époque soviétique. Le Kremlin avait fermement démenti toute implication.
Le 30 juin, Charlie Rowley et sa compagne Dawn Sturgess avaient été retrouvés dans un état critique à Amesbury, près de Salisbury, après avoir eux aussi été exposés au Novitchok, contenu dans un flacon trouvé par Charlie Rowley et qu'il avait pris pour une bouteille de parfum.
Tous deux avaient été hospitalisés. Dawn Sturgess, 44 ans, mère de trois enfants, était morte quelques jours plus tard. Charlie Rowley, quant à lui, avait pu quitter l'hôpital le 20 juillet.
Samedi, il a rencontré à Londres l'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni,Alexandre Iakovenko, pendant une heure et demie, selon le Daily Mirror qui publie une photo de leur entrevue.
"Je voulais lui demander +pourquoi votre pays a-t-il tué ma copine ?+", a-t-il expliqué, cité par le tabloïd. "Mais je n'ai pas vraiment eu de réponse. J'ai simplement reçu la propagande russe", a-t-il ajouté, jugeant "ridicules" les explications avancées par Alexandre Iakovenko pour écarter toute responsabilité russe dans l'affaire. "L'ambassadeur a continuellement soutenu que la substance n'était pas le Novitchok qui avait été produit en Russie, parce que si cela avait été le cas, il aurait tué tout le monde", a-t-il affirmé. "Je continue de penser que c'est la Russie qui a perpétré l'attaque".
Les médias russes ont également relaté la rencontre, avançant que Charlie Rowley avait sollicité auprès de l'ambassadeur des réponses qu'il n'avait pu obtenir auprès des autorités britanniques.
Londres a émis un mandat d'arrêt européen contre deux Russes, Alexandre Petrov et Rouslan Bochirov - de possibles pseudonymes -, soupçonnés d'avoir perpétré l'attaque et présentés comme des membres du renseignement militaire (GRU).


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