Photo REUTERS/Ramzi Boudina
Une vingtaine d'associations de la société civile algérienne indiquent mercredi refuser une "transition au sein même du pouvoir", au lendemain de la démission du président Abdelaziz Bouteflika, et appellent à manifester à nouveau vendredi pour le "changement démocratique".
"La démission de Bouteflika (...) est une première victoire (...) mais celle-ci ne suffit pas car elle n'offre aucune garantie", indiquent les 21 associations signataires - ligues de droits humains, syndicats, associations de femmes et de jeunes...
Pour ce collectif, "la seule victoire, sera actée par la rupture avec le système hérité depuis (l'indépendance de l'Algérie en) 1962, le départ de tous les responsables de ce régime honni et le passage vers la nouvelle République démocratique et sociale à travers des institutions de transition (consensuelle, fortes et représentatives de la volonté du peuple algérien". Il estime que la mise en œuvre de la procédure d'intérim prévu par la Constitution "ne garantit nullement une transition indépendante du système", comme l'exigent, selon eux, les millions d'Algériens qui manifestent en masse depuis le 22 février pour demander le départ de tout le "système" au pouvoir.
Les signataires appellent les Algériens "à maintenir la pression et à sortir massivement" dans les rues du pays vendredi.
Confronté à six semaines de contestation populaire inédite, lâché par ses principaux soutiens et défié par l'armée, M. Bouteflika a finalement démissionné mardi.
Le Conseil constitutionnel a entériné mercredi sa démission et transmis l'acte de "vacance définitive" de la présidence aux deux Chambres du Parlement qui doivent désormais se réunir.
C'est au président du Conseil de la Nation (chambre haute), Abdelkader Bensalah, que revient la charge d'assurer l'intérim de 90 jours maximum, durant lequel il doit organiser une présidentielle et remettre le pouvoir au nouveau président élu.
Les contestataires estiment que le maintien des hommes-clés du système - que sont notamment M. Bensalah ou le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz - ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable.


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