L'entrée du Palais de Justice de Bobigny, en banlieue parisienne, le 27 mars 2019. Photo AFP / KENZO TRIBOUILLARD
Dix-neuf personnes interpellées vendredi après une action anti-immigration du groupuscule d'extrême droite Génération identitaire sur le toit d'un bâtiment administratif en région parisienne seront jugées le 14 novembre pour entrave à la liberté du travail, a-t-on appris samedi auprès des autorités judiciaires.
Les gardes à vue de ces dix-neuf personnes, dix-sept hommes et deux femmes, ont été levées vendredi soir, a ajouté le parquet de Bobigny. Ils encourent trois ans et 45.000 euros d'amende.
Des militants de Génération identitaire ont occupé pendant plusieurs heures vendredi le toit de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Bobigny (banlieue nord-est de Paris) en scandant des slogans anti-immigration, avant d'être délogés par la police.
L'établissement a dû être fermé au public. La CAF a indiqué qu'elle avait l'intention de déposer plainte.
Adepte des actions médiatiques anti-immigration, notamment dans les Alpes françaises à la frontière italienne avec des "patrouilles anti-migrants", le groupuscule avait déployé une banderole depuis le toit de la CAF avec l'inscription : "De l'argent pour les Français. Pas pour les étrangers !".
Sur une vidéo diffusée sur Twitter, on voit un groupe majoritairement masculin, poings levés, fumigènes allumés, scandant "Stop, stop, stop immigration". "Par cette action symbolique, Génération identitaire réclame la suppression de toutes les aides sociales aux étrangers extra-européens", a affirmé le mouvement sur son site internet.
En France, les CAF sont notamment chargées de verser aux particuliers des aides financières à caractère familial ou social.
Le département de Seine-Saint-Denis (région parisienne), auquel est rattachée la ville de Bobigny, est le département au plus faible niveau de vie de France métropolitaine. Près de trois habitants sur dix y sont immigrés (29%), selon l'Institut national de la statistique (Insee).
En octobre 2018, 22 militants de Génération identitaire avaient fait irruption au siège de l'ONG SOS Méditerranée à Marseille (sud-est de la France) et déployé une banderole accusant l'ONG d'être "complice du trafic d'êtres humains".
Le bateau humanitaire de SOS Méditerranée, L'Aquarius, a sillonné la Méditerranée pour secourir des migrants - notamment originaires d'Afrique - qui tentent la traversée clandestine vers l'Europe, avant de se voir retirer son pavillon et de devoir stopper ses opérations de sauvetage en mer fin 2018.


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