Un policier turc devant le tribunal à Istanbul, le 28 mars 2019. Photo AFP / OZAN KOSE
Un tribunal turc a maintenu jeudi en détention un employé turc du consulat américain à Istanbul jugé pour espionnage et dont l'arrestation a tendu les relations entre Ankara et Washington.
"La décision a été prise à la majorité, seul un des trois juges s'est opposé à son maintien en détention", a déclaré à la presse l'avocat de Metin Topuz, Halit Akalp, au tribunal de Caglayan, à Istanbul.
Les journalistes n'ont pas été autorisés à entrer dans la salle d'audiences pour l'annonce de la décision du tribunal.
"En des circonstances normales, il aurait dû être libéré avec les preuves présentées à la cour", a ajouté Me Akalp.
"Aujourd'hui, nous n'avons vu aucune preuve d'activité criminelle et nous renouvelons l'appel de notre gouvernement pour une résolution rapide et juste de cette affaire", a déclaré après l'audience la consule générale américaine à Istanbul Jennifer L. Davis.
M. Topuz, chargé au consulat américain de faire la liaison entre les autorités américaines et la brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants de la police turque, a été arrêté en octobre 2017 et maintenu depuis en détention provisoire.
Accusé par les autorités turques d'"espionnage" et de "tentative de renversement du gouvernement", il risque la prison à vie. Les autorités turques l'accusent notamment d'être lié au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen qu'Ankara qualifie de "groupe terroriste". M. Gülen est présenté par la Turquie comme le cerveau d'une tentative de coup d'Etat en 2016, ce qu'il nie.
La décision du tribunal est tombée au troisième jour d'une audience au cours de laquelle M. Topuz s'est défendu de toute activité illégale. "Je suis innocent, je n'ai commis aucun crime", a-t-il répété encore jeudi matin, selon une correspondante de l'AFP. "Mes contacts (...) faisaient partie de mon travail".
L'arrestation de M. Topuz avait provoqué la colère de Washington et attisé les tensions déjà vives entre les deux pays. Ankara et Washington, alliés au sein de l'OTAN, avaient ainsi réciproquement suspendu pendant près de trois mois la plupart de leurs services de délivrance de visas. La prochaine audience aura lieu le 15 mai.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine